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Thursday, 7 May 2026

Thursday's Serial: “Journal Spirituel” by Sœur Marie de Saint-Pierre (in French) - the end.

 

60

Témoignages

Drôle d'héritage

 

Témoignages

Abbé Panager Curé de Saint-Étienne à Rennes

«Je ne l’ai connue que depuis le moment où elle me choisit pour directeur. Elle s’adressa à moi, parce qu’elle voulait être religieuse. Ce motif me fit la recevoir de bon cœur, et je tâchai de l’aider. Elle fut toujours exacte, docile. Je lui prêtai des livres, la vis quelquefois en particulier. J’en fus toujours édifié, et me décidai à la proposer au Carmel.» [1]

 

Monsieur Dupont, le Saint-homme de Tours

La Salette

[Suite à une communication de Sœur Marie de Sainte à la Mère Supérieure, juste au début du mois de septembre 1846, et, avant l’apparition [2] sur la « sainte montagne»...]

«En 1846, vers les premiers jours du mois de septembre, à la veille de partir avec ma famille pour Saint-Servan, en Bretagne, j’allai prendre le commissions de la Révérende Mère, dont quelques parents demeuraient à Saint-Malo. Je fus obligé d’écrire la liste, assez longue, des commissions qui m’étaient données. Nous nous entretînmes ensuite de la sœur Marie de Saint-Pierre.

Voici ce qu’elle vient de me dire — ajouta la Révérende Mère. Et comme au même instant je me trouvais un crayon à la main, j’écrivis ce qui suit: Notre-Seigneur s’adressant à la sœur, lui dit: Ma mère a parlé aux hommes de ma colère ; elle veut la fléchir; elle m’a montré son sein et m’a dit: “Voilà le sein qui vous a nourri, laissez-lui répandre des bénédictions sur mes autres enfants”. Alors elle est descendue, pleine de miséricorde, sur la terre ; ayez donc confiance en elle.

Je mis ces lignes dans mon livre de prières et je n’y pensai plus. Ne me trouvais-je pas devant un langage mystérieux, où le passé se confondait avec le présent et le futur? Je me contentai donc de me maintenir, d’une manière un peu vague, dans la conviction où j’étais depuis longtemps, que la sœur était la confidente de Notre-Seigneur. Cette conviction prit un nouvel essor lorsque, le 22 octobre de la même année, je reçus copie de la première lettre de Monsieur le curé Corps, relative à l’apparition de la sainte Vierge à la Salette, le 19 septembre. C’était l’accomplissement de la prédiction des premiers jours de septembre. J’en fis une copie et me hâtai de l’expédier à Monsieur le curé de Corps, qui ne tarda pas à m’écrire: “Dès le premier jour, j’ai cru ; aujourd’hui, si on peut parler ainsi, je crois double”.

Je m’étais fait une loi de ne rien écrire de ce qui m’était révélé, en secret, des communications de la sœur Saint-Pierre. Mais il est évident que, dans le cas dont je viens de parler, j’obéissais à un bon mouvement, puisque la phrase que j’ai transcrite ne se trouve pas dans le recueil des Révélations. A ce propos, la Révérende Mère me dit :

— J’ordonnais toujours à la sœur de mettre par écrit ce qu’elle voulait me rapporter; mais il est probable que, dans la circonstance actuelle, je l’aurai écoutée, et par mégarde j’aurai oublié ma formule ordinaire, qui tendait à la tenir dans l’humilité: Ma fille, par obéissance, allez écrire ce que vous voulez dire, je n’ai pas le temps de vous écouter. Or, j’ai bien pu, dans l’espace de cinq ans, faire plusieurs fois le même oubli, surtout lorsque la communication était courte et débitée avec la volubilité ordinaire de la sœur. Et dans ces cas-là elle se serait bien gardée de prendre la plume.

Cette explication est bien simple, bien naturelle, ce semble, et tout à fait concluante.

Il est touchant, plus qu’on ne peut penser et dire, de voir notre auguste Mère confier à de pauvres petits enfants les amertumes de son cœur maternel. N’est-il pas suffisant qu’elle ait été arrosée du sang de son divin Fils sur le Calvaire ? Faut-il aujourd’hui qu’une génération impie, le blasphème à la bouche, rappelle les affreuses stations des rues de Jérusalem? Et que deviendrons-nous, si Marie ne peut plus retenir le bras de Jésus ?...» [3]

 

Tours, La Salette et Lourdes

«A Tours, Notre-Seigneur parle à sa servante, lui annonce les miséricordieuses visites de sa très sainte Mère. A La Salette, Marie, assise sur la pierre, verse des larmes; elle porte sur elle les insignes de la Passion, se plaint amèrement des blasphèmes qui blessent la majesté divine, prédit des fléaux; mais, pour que sa présence sur la terre ne soit pas stérile, elle dit et répète de faire passer ses plaintes à son peuple: c’est-à-dire, sans doute, aux petits et aux simples; car les prétendus savants n’étaient pas de force à adopter le miracle de l’apparition. Les petits, au contraire, ont cru dès le premier moment; ils auront prié, et l’on peut penser qu’ils ont obtenu au moins un répit, puisque, quelques années après, en 1868, la très sainte Vierge se montrait à Lourdes revêtue d’un vêtement de fête; elle ouvre les mains qu’elle tenait cachées à La Salette, elle se nomme triomphalement l’Immaculée Conception, elle demande, ce qu’on peut prendre pour un gage de paix, l’érection d’une église: toutes choses qui peuvent nous faire espérer un meilleur avenir.» [4]

 

La Réparation

« Sit Nomen Domini benedictum!

Nous touchons, je crois, à la réalisation des vœux de la vénérable sœur, apôtre de l’œuvre réparatrice. Il est impossible que la circulaire ne produise pas un grand effet dans le monde chrétien, et le monde chrétien s’occupera à demander grâce et miséricorde. Que Dieu en soit bénit, et son saint Nom glorifié à jamais !» [5]

“Coïncidence” de dates

«Sœur Saint-Pierre, entrée au Carmel depuis trois années seulement, édifiait la communauté par sa très vive dévotion envers l’Enfant-Jésus, lorsque tout d’un coup, le 26 août 1843, elle vint après la messe se jeter aux pieds de la Révérende Mère prieure : “Notre-Seigneur, dit-elle, vient de me donner ordre de dire et de faire dire, le plus souvent que je pourrai, l’invocation suivante relative au grand crime du blasphème : Qu’à jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié, le très saint, très sacré, très adorable, inconnu, inexprimable Nom de Dieu, au ciel, sur la terre et dans les enfers, par toutes les créatures sorties des mains de Dieu et par le Sacré-Cœur de Jésus au très Saint-Sacrement de l’autel.

Or, il se rencontrait que le 25, veuille de cette ineffable communication, était précisément le dernier jour d’une union de prières en forme de quarantaine (la quarantaine de saint Louis dont nous avons parlé). Les prières se terminaient par cette aspiration: Que votre Nom, Seigneur, soit connu, béni, en tout temps, en tous lieux. La quarantaine n’avait pas été faite au Carmel, mais, suivant toute apparence, en plusieurs villes et par un grand nombre d’âmes: il ne semble pas douteux que cette union de prières n’ait hâté la naissance de l’œuvre de la Réparation.

Chose remarquable, le 8 août de cette même année 1843, le souverain pontife Grégoire XVI donne un bref pour permettre d’instituer de pieuses confréries dont le but est l’extirpation du blasphème. D’une autre part, à la même époque, dans le diocèse de Nantes, un révérend père Jésuite qui évangélisait sans aucun succès une paroisse rurale étrangement livrée au blasphème, obtint des fruits de salut abondants, peu après que Monseigneur l’évêque eut approuvé une association contre le blasphème avec quarante jours d’indulgence.

Enfin, par une circonstance fortuite, on découvrit dans le même temps qu’une petite feuille d’impression intitulée: “Avertissement au peuple français ou réparation inspirée pour apaiser la colère de Dieu”, avait été publiée, en 1819, avec approbation de Monsieur l’abbé Soyer, vicaire général de Poitiers, mort en 1845 évêque de Luçon; que cet avertissement avait pour but l’extirpation du blasphème, et qu’il avait été inspiré à une pieuse carmélite de Poitiers, la mère Adélaïde, laquelle mourut en odeur de sainteté le 31 juillet 1843, c’est-à-dire vingt-six jours avant que la sœur Saint-Pierre reçût la mission de demander l’œuvre réparatrice du blasphème, comme si Dieu eût attendu la mort d’un de ses prophètes pour un susciter un autre : Uno deficiente, haud deficit alter. [6]

(...)

Si la foi n’ordonne pas, elle permet du moins de croire qu’il en a été ainsi, conformément à cette promesse: “Quand plusieurs seront réunis en mon nom, je me trouverai au milieu d’eux.” [7]

Ce ne fut qu’un an après les révélations faites à la vénérable sœur que nous reconnûmes la coïncidence toute mystérieuse qui existait entre l’aspiration de la quarantaine et l’invocation prescrite par Notre-Seigneur : comme si le ciel eût entendu le cri de la terre!... Et l’œuvre de la Réparation naissait... »[8]

 

Extraits divers

«La pauvre sœur en souffre étrangement et continue à recevoir des avis sur la nécessité de réparer. Les cris de cette sainte âme ont donné naissance, à Tours, aux petites feuilles contre le blasphème. Mais elle souffre encore et demande de la part de notre bon Sauveur qui consent à être apaisé, une œuvre de réparation d’honneur.» [9]

«Il est vrai que je n’ai mission ni directe ni indirecte pour parler de choses aussi relevées; mais, d’un autre côté, sans que j’aie jamais fait aucun calcul à ce sujet, des circonstances m’ayant mis à même d’entrer en qualité de colporteur dans cette affaire, j’ai comme une obligation matérielle à remplir.

(...)

Notre-Seigneur connaît les vœux ardents que je forme à ce sujet, chaque fois que le très saint Nom de Dieu se présente à ma pauvre âme dans la sainte Écriture. Et que d’occasions se sont présentées pendant le carême et depuis Pâques !» [10]

 

Monseigneur Morlot, archevêque de Tours

«Je ferai tout mon possible pour répondre à des manifestations qui me paraissent d’une haute importance et d’un si grand intérêt.» [11]

«Il est non seulement bon et nécessaire, mais urgent de donner la suite que vous indiquez à ces inspirations. Dans l’écrit se trouve compris tout ce que je voulais y voir. Dieu bénira ces efforts et ce concours de prières et d’expiation.» [12]

«Mon enfant, je désire de tout mon cœur établir cette œuvre et lui donner la publicité qu’elle mérite, mais c’est une chose difficile. Si vous connaissiez comme moi les obstacles! Nous avons déjà tant de peine à faire marcher notre peuple dans la voie ordinaire: que dira-t-on si je propose quelque pratique de plus? Cela n’excitera-t-il pas les méchants à de plus grands blasphèmes? Exposez à Dieu nos difficultés et priez beaucoup pour moi; demandez de nouvelles lumières; si le Seigneur vous éclaire, vous m’en donnerez connaissance. Mon enfant, ce que vous éprouvez n’a point le caractère des illusions; j’y reconnais, au contraire, le cachet de Dieu. Nous avons pris des informations et nous savons que plusieurs personnes ont eu la même inspiration que vous au sujet de cette œuvre réparatrice; elle existe en Italie, et il y a un mouvement pour elle dans plusieurs diocèses de France. Je désire beaucoup que les âmes pieuses s’appliquent à cette dévotion, mais vous surtout, mon enfant; offrez-vous à Dieu comme une victime; offrez vos pénitences et toutes vos œuvres en sacrifice de réparation pour l’Église et pour la France; unissez-vous à Notre-Seigneur Jésus-Christ au très Saint-Sacrement de l’autel pour rendre, par lui, honneur, louange et gloire aux trois divines personnes de l’adorable Trinité; tâchons d’empêcher le bras du Seigneur de s’appesantir sur nous. Adressons-nous au saint Cœur de Marie; offrons au Père éternel, par les mains de cette auguste Mère, le sang, les souffrances et tous les mérites de son Fils, et j’espère que nous apaiserons la colère de Dieu.

Vous ferez, le jeudi une amende honorable; le vendredi, vous direz les litanies de la Passion, et le samedi, celles de la sainte Vierge. Quand le Seigneur vous l’inspirera, vous réciterez, mon enfant, les prières de la Réparation; mais j’aime mieux que vous fassiez les prières les plus communes.

Dès lors que vous ne vous obstinez pas à rien poursuivre hors des limites de l’obéissance et que vous abandonnez ces choses au jugement de vos supérieurs, vous devez être parfaitement tranquille.

Je trouve tout cela très bien ; priez le Seigneur de m’éclairer et agissez uniquement pour la gloire de Dieu». [13]

«J’apprends avec la plus vive sensibilité la mort de cette bonne sœur; mais il faut la féliciter et non la plaindre. Nous devons espérer aussi qu’elle va continuer au ciel, et d’une manière plus efficace encore, ce qu’elle a si bien commencé sur la terre. Elle protégera votre chère maison, le diocèse et la France !... J’en ai la douce confiance. Demain j’offrirai pour elle et pour vous toutes l’auguste sacrifice.» [14]

«J’ai lu avec un bien grand intérêt la notice que vous m’avez adressée. Je ne doute pas de l’impression qu’elle produira dans toutes les maisons de votre Ordre, et j’ai la ferme confiance avec vous que cette âme choisie, étant en possession de la gloire et du bonheur, plaidera efficacement notre cause auprès du Seigneur, après avoir prié sur cette terre avec tant de foi et pratiqué ici-bas les belles vertus qui distingue les vraies épouses de Jésus-Christ.» [15]

 

Une Carmélite [16]

«Parler de sœur Marie de Saint-Pierre, rendre hommage à sa vertu, est pour moi tout à la fois un bonheur et un devoir. Je vais donc mettre simplement, par écrit, quelques particularités qui m’ont frappée dans les rapports que j’ai eus avec elle.

Elle entra en religion plusieurs années après moi; à cette époque, quoique professe, j’étais en au noviciat, ce qui me mit à même de la bien connaître, et, par suite, de l’admirer. Déjà nous voyions en elle une religieuse formée à toutes les vertus; celles que je remarquai davantage, c’étaient son humilité, son recueillent et son obéissance. Elle recevait les épreuves et les humiliations auxquelles on la soumettait avec tant de joie et de reconnaissance, que nous en étions toutes édifiées; loin de s’excuser, elle s’accusait toujours elle-même, et semblait rechercher sans cesse les occasions de s’anéantir. Elle était si recueillie, qu’elle ne voyait pas même ce qui se passait devant elle. Un jour, pendant son postulat, notre Mère lui avait permis de lever les yeux au chœur pour voir une cérémonie touchante; mais elle prit la fin pour le commencement, et lorsqu’elle leva les yeux par obéissance, tout était terminé; elle n’avait rien vu de ce qui venait de s’accomplir.

Jusqu’à sa profession, je n’eus avec elle que des relations de noviciat; mais bientôt après je m’aperçus de sa dévotion toute spéciale à la sainte Enfance de Notre-Seigneur, pour laquelle je me sentais aussi beaucoup d’attrait ; c’est ce qui nous lia étroitement ensemble, et me fournit l’occasion de connaître un peu plus particulièrement cette belle âme. Sa piété était si douce et si aimable que j’en étais vivement touchée; nos pratiques de dévotion avaient toujours pour but d’honorer le mystère de la divine Enfance. Le saint Enfant-Jésus était l’objet de nos conversations. Avec quelle tendresse elle en parlait! Comme elle savait bien s’entretenir sur les vertus de ce divin Enfant! Et quoiqu’elle s’humiliât toujours, il m’était facile de voir qu’elle en possédait la connaissance à un haut degré. Pour règle de sa conduite, elle avait pris ces mots: Il leur était soumis. Je puis assurer qu’elle les mit en pratique avec la plus grande perfection.

L’office de portière, où elle fut mise peu d’années après sa profession, donna un grand exercice à sa vertu; je fus témoin de sa promptitude dans l’obéissance et de son entière abnégation. A l’époque de notre changement de monastère, ses occupations redoublèrent, et, quoiqu’elle en fût surchargée, elle ne perdait pas un instant son recueillement; elle était fort diligente, et suffisait à tout avec un zèle et une charité remarquables. Étant alors dépositaire, je ne manquais pas non plus d’embarras; mais lorsqu’elle me voyait un peu abattue, ou sur le point de m’échapper, elle me rappelait tout bas ces paroles: Il leur était soumis, et ajoutait: “Allons, soumettons-nous à la volonté du saint Enfant-Jésus; nous sommes ses petites servantes.” Le temps que nous passâmes hors de la clôture vint accroître ses mérites et embellir sa couronne. Elle eut à souffrir de toutes manières; mais les choses les plus pénibles la trouvèrent toujours douce, patiente et résignée. Elle ne se plaignit jamais, et sa gaieté même ne souffrit aucune altération.

Notre chère sœur a été aussi, pour moi, un grand sujet d’édification dans les souffrances corporelles qu’elle eut à supporter ; elle fut prise par la maladie environ un an avant sa mort. J’étais alors infirmière; je ne puis dire quelle consolation j’éprouvais auprès de cette pieuse malade; elle ne refusait rien, trouvait toujours bien ce qu’on faisait pour elle, et semblait oublier ses besoins pour ne s’occuper que de Dieu. Elle était d’une soumission telle, qu’elle n’eût pas fait un pas hors de l’infirmerie sans ma permission. Son recueillement paraissait continuel; en un mot, il me semblait avoir un ange plutôt qu’un infirme. Aussi je ressentis une peine très sensible quand je cessai de lui donner mes soins ?»

 

Drôle d’héritage...

    Lettre à Mr Lebrument [17]

«En voyant, par vos lettres, que vous désiriez quelque souvenir de votre pauvre marraine, j’ai tout de suite pensé à un objet qu’elle-même a confectionné dans une circonstance assez singulière; et je fus surprise lorsque d’elle-même, sans aucune question de ma part, elle me pria de vous destiner le même objet. Je vous avoue que vous êtes son unique légataire; car c’est la seule chose dont elle m’ait priée de disposer pour quelqu’un. Quel est donc cet objet? Je vous le donne en cent à deviner

C’est un tambour..., mais un tambour qui ne ressemble à aucun autre que pour la forme, et dont l’idée est tout à fait ingénieuse. En voici l’histoire.

Quand la pauvre sœur tomba malade, on était au moment des élections gouvernementales. Nous avons eu plus d’une alerte. Alors je lui dis, en plaisantant un peu: “Puisque vous ne pouvez plus prier, vous serez le tambour spirituel, et lorsque vous entendrez la garde nationale battre le rappel, vous appellerez les saints anges à notre secours.” Elle accepta sa nouvelle mission, et, le lendemain, me présenta un petit tambour avec tous les chœurs des anges, le saint Nom de Dieu, etc. Ne pouvant prier, elle le prenait sur son lit pour appeler à notre aide toute la milice céleste, frappant le petit tambour avec les doigts.

Le monde rirait fortement de ce trait de piété enfantine ; mais vous, Monsieur, qui n’êtes pas de ce monde, vous y verrez comme moi, sans doute, l’admirable simplicité d’une âme transformée dans la science de la crèche et dans la vertu de l’obéissance. Ce tambour vous est donc destiné. Il sera du goût, je crois, de votre petit Charles; nous y joindrons quelque autre chose pour vous et pour Madame Lebrument.»

Mère Marie de l’Incarnation,

carmélite indigne

 

* * *

 

NOTA: Les titres et les sous-titres ne figurent pas dans les documents originaux. Nous les avons inclus afin de permettre une recherche plus rapide.

 

* * *

 

          Compilation achevée le 5 mai 1996, date anniversaire de ce beau message reçut par sœur Marie de Saint-Pierre:

«Le Sauveur me fit entendre qu’il avait remis toutes choses entre ses mains [18], et qu’Elle nous obtiendrait le bref du souverain pontife. Cette œuvre réparatrice est si nécessaire à la France et si glorieuse à Dieu, qu’il veut que sa très sainte Mère ait l’honneur de la donner à ce royaume, comme un gage nouveau de sa miséricorde. Allons donc à la très sainte Vierge, qui est la trésorière des grâces de Dieu; disons-lui sans cesse que la France lui est consacrée et qu’elle lui appartient. Redoublons de zèle pour cette Œuvre; que les difficultés ne nous abattent point; pour moi, Notre-Seigneur me donne une confiance sans bornes.

—Sit Nomen Domini benedictum!» [19]

 

[1] Document O - Lettre à la Mère Prieure du Carmel de Tours.

[2] La Vierge Marie est apparue, le 19 septembre 1846, à La Salette, dans les Alpes, diocèse de Grenoble, à deux petits enfants : Mélanie et Maximin.

      Notre Mère du ciel y est apparue en pleurs... Elle y demanda, à «son peuple» — la France — la sanctification du saint jour du Dimanche et la réparation du blasphème. « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils; il est si lourd que je ne puis plus le retenir. Oh! si vous saviez combien je souffre pour vous!...» Elle confia également aux enfants un secret assez important sur l’état et l’avenir de l’Église. Ce même secret suscita bien des polémiques. Il fut, malgré cela, approuvé à Rome, par le Chanoine Lippidi. Mélanie, quand à elle, entra au couvent et, après bien des vicissitudes, rendit son âme à Dieu à Altamura, en Italie, où son corps repose. Maximin, après avoir été zouave pontifical, mourut presque dans l’oubli.

[3] Abbé Janvier - « Vie de Monsieur Dupont », T 1, page 161. — Document T, page 9.

[4] Document T, p. 12.

[5] Monsieur Dupont fut profondément touché par la mort de sœur Marie de Saint-Pierre. Il en ressentit, non pas de la tristesse, mais plutôt de la joie, car «à ses yeux une sainte mort était un jour de joie, un commencement de gloire pour l’humble vierge et pour son œuvre de prédilection. Il avait assisté aux obsèques le visage rayonnant, et conduit comme en triomphe sa dépouille mortelle au cimetière de Saint-Jean-des-Coups — ancien cimetière, ainsi nommé de la défaite sanglante que subirent les Normands au IX siècle à l’aspect des reliques de saint Martin —, lieu qui lui était déjà bien cher, puisqu’il y avait conduit six mois auparavant le corps d’Henriette, sa fille unique et bien-aimée.» — Abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.

[6] «L’un venant à manquer, un autre lui succède.»

[7] Documents et mémoires laissés par Monsieur Dupont.

[8] Lettre à la sœur G..., du 11 juillet 1866.

[9] «Les petites feuilles ou feuilles de saint Louis, dont parle ici Monsieur Dupont, étaient des prières imprimées d’abord à Poitiers. (...) Elles furent réimprimées à Tours avec l’approbation de Monseigneur Morlot, lequel ayant été instruit, dès le commencement, des révélations faites à sœur Saint-Pierre, parut tout d’abord s’y intéresser très vivement. “Je ferai tout mon possible pour répondre à des manifestations qui me paraissent d’une haute importance et d’un si grand intérêt.” Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844.» — Abbé Janvier: “Vie de Monsieur Dupont”. Tome 1, page 144.  Larcher - Paris 1879.

[10] Lettre du 30 avril 1846 à Monsieur le Borgne, vicaire général de Saint-Brieuc.

[11] Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844.

[12] Lettre de Monseigneur Morlot à la Mère Marie de l’Incarnation, prieure du Carmel de Tours, du 23 janvier 1849, au sujet de la publication des prières de sœur Saint-Pierre.

[13] Lettre de Monseigneur Morlot, à la suite du premier entretien qu’il a eu avec sœur Marie de Saint-Pierre.

[14] Premier billet de condoléances envoyé par l’archevêque au Carmel de Tours, lorsqu’il apprit la mort de sœur Saint-Pierre.

[15] Celui-ci fut envoyé «quand la Circulaire composée selon l’usage sur sœur Saint-Pierre fut envoyée au prélat.»

[16] Il s’agit du témoignage de l’une des Carmélites de Tours «qui a pu la suivre tout le temps et l’observer avec attention», comme le souligne l’abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.

[17] Lettre envoyée par la Prieure du Carmel de Tour à ce bon Monsieur — qui appelait Marie de Saint-Pierre sa «marraine», et qui voulait un souvenir de celle-ci, après son décès.

[18] Entre les mains de Marie.

[19] Lettre du 5 mai 1847

Tuesday, 5 May 2026

Tuesday's Serial: "St. Martin’s Summer" by Rafael Sabatini (in English) - XII.

 

CHAPTER XVI. THE UNEXPECTED

In her apartments in the Northern Tower Valerie had supped, and—to spare Monsieur de Garnache the full indignity of that part of the offices he was charged with—she had herself removed the cloth and set the things in the guard-room, where they might lie till morning. When that was done—and despite her protests, Garnache had insisted upon lending a hand—the Parisian reminded her that it was already after nine, and urged her to make such preparations as incumbed her for their journey.

“My preparations are soon made,” she assured him with a smile. “I need but what I may carry in a cloak.”

They fell to talking of their impending flight, and they laughed together at the discomfiture that would be the Dowager’s and her son’s when, in the morning, they came to discover the empty cage. From that they passed on to talk of Valerie herself, of her earlier life at La Vauvraye, and later the conversation shifted to Garnache, and she questioned him touching the warring he had seen in early youth, and afterwards asked him for particulars of Paris—that wonderful city which to her mind was the only earthly parallel of Paradise—and of the life at Court.

Thus in intimate talk did they while away the time of waiting, and in the hour that sped they came, perhaps, to know more of each other than they had done hitherto. Intimate, indeed, had they unconsciously become already. Their singular position, locked together in that tower—a position utterly impossible under any but the conditions that attended it—had conduced to that good-fellowship, whilst the girl’s trust and dependence upon the man, the man’s observance of that trust, and his determination to show her that it had not been misplaced, had done the rest.

But to-night they seemed to have drawn nearer in spirit to each other, and that, maybe, it was that prompted Valerie to sigh, and in her sweet, unthinking innocence to say again:

“I am truly sorry, Monsieur de Garnache, that our sojourn here is coming to an end.”

He was no coxcomb, and he set no false value on the words. He laughed for answer, as he rejoined:

“Not so am I, mademoiselle. Nor shall I know peace of mind again until this ill-omened chateau is a good three leagues or so behind us. Sh! What was that?”

He came instantly to his feet, his face intent and serious. He had been sitting at his ease in an armchair, over the back of which he had tossed the baldric from which his sword depended. The clang of the heavy door below, striking the wall as it was pushed open, had reached his ears.

“Can it be time already?” asked mademoiselle; yet a panic took her, and she blenched a little.

He shook his head.

“Impossible,” said he; “it is not more than ten o’clock. Unless that fool Arsenio has blundered—” He stopped. “Sh!” he whispered. “Some one is coming here.”

And suddenly he realized the peril that might lie in being found thus in her company. It alarmed him more than did the visit itself, so unusual at this hour. He saw that he had not time to reach the guard-room; he would be caught in the act of coming forth, and that might be interpreted by the Dowager or her son—if it should happen to be one or the other of them—as a hurried act of flight such as guilt might prompt. Perhaps he exaggerated the risk; but their fortunes at Condillac had reached a point where they must not be jeopardized by any chance however slight.

“To your chamber, mademoiselle,” he whispered fearfully, and he pointed to the door of the inner room. “Lock yourself in. Quick! Sh!” And he signed frantically to her to go silently.

Swift and quietly as a mouse she glided from the room and softly closed the door of her chamber and turned the key in a lock, which Garnache had had the foresight to keep well oiled. He breathed more freely when it was done.

A step sounded in the guard-room. He sank without a rustle into the chair from which he had risen, rested his head against the back of it, closed his eyes, opened his mouth, and dissembled sleep.

The steps came swiftly across the guard-room floor, soft, as of one lightly shod; and Garnache wondered was it the mother or the son, just as he wondered what this ill-come visitor might be seeking.

The door of the antechamber was pushed gently open—it had stood ajar—and under the lintel appeared the slender figure of Marius, still in his brown velvet suit as Garnache last had seen him. He paused a moment to peer into the chamber. Then he stepped forward, frowning to behold “Battista” so cosily ensconced.

“Ola there!” he cried, and kicked the sentry’s outstretched legs, the more speedily to wake him. “Is this the watch you keep?”

Garnache opened his eyes and stared a second dully at the disturber of his feigned slumbers. Then, as if being more fully awakened he recognized his master, he heaved himself suddenly to his feet and bowed.

“Is this the watch you keep?” quoth Marius again, and Garnache, scanning the youth’s face with foolishly smiling eyes, noted the flush on his cheek, the odd glitter in his handsome eyes, and even caught a whiff of wine upon his breath. Alarm grew in Garnache’s mind, but his face maintained its foolish vacancy, its inane smile. He bowed again and, with a wave of the hands towards the inner chamber,

“La damigella a la,” said he.

For all that Marius had no Italian he understood the drift of the words, assisted as they were by the man’s expressive gesture. He sneered cruelly.

“It would be an ugly thing for you, my ugly friend, if she were not,” he answered. “Away with you. I shall call you when I need you.” And he pointed to the door.

Garnache experienced some dismay, some fear even. He plied his wits, and he determined that he had best seem to apprehend from his gestures Marius’s meaning; but apprehend it in part only, and go no further than the other side of that door.

He bowed, therefore, for the third time, and with another of his foolish grins he shuffled out of the chamber, pulling the door after him, so that Marius should not see how near at hand he stayed.

Marius, without further heeding him, stepped to mademoiselle’s door and rapped on a panel with brisk knuckles.

“Who is there?” she inquired from within.

“It is I—Marius. Open, I have something I must say to you.”

“Will it not keep till morning?”

“I shall be gone by then,” he answered impatiently, “and much depends upon my seeing you ere I go. So open. Come!”

There followed a pause, and Garnache in the outer room set his teeth and prayed she might not anger Marius. He must be handled skillfully, lest their flight should be frustrated at the last moment. He prayed, too, that there might be no need for his intervention. That would indeed be the end of all—a shipwreck within sight of harbour. He promised himself that he would not lightly intervene. For the rest this news of Marius’s intended departure filled him with a desire to know something of the journey on which he was bound:

Slowly mademoiselle’s door opened. White and timid she appeared.

“What do you want, Marius?”

“Now and always and above all things the sight of you, Valerie,” said he, and the flushed cheek, the glittering eye, and wine-laden breath were as plain to her as they had been to Garnache, and they filled her with a deeper terror. Nevertheless she came forth at his bidding.

“I see that you were not yet abed,” said he. “It is as well. We must have a talk.” He set a chair for her and begged her to be seated; then he perched himself on the table, his hands gripping the edges of it on either side of him, and he turned his eyes upon her.

“Valerie,” he said slowly, “the Marquis de Condillac, my brother, is at La Rochette.”

“He is coming home!” she cried, clasping her hands and feigning surprise in word and glance.

Marius shook his head and smiled grimly.

“No,” said he. “He is not coming home. That is—not unless you wish it.”

“Not unless I wish it? But naturally I wish it!”

“Then, Valerie, if you would have what you wish, so must I. If Florimond is ever to come to Condillac again, you must be my wife.”

He leaned towards her now, supported by his elbow, so that his face was close to hers, a deeper flush upon it, a brighter glitter in his black eyes, his vinous breath enveloping and suffocating her. She shrank back, her hands locking themselves one in the other till the knuckles showed white.

“What—what is it you mean?” she faltered.

“No more than I have said; no less. If you love him well enough to sacrifice yourself,” and his lips curled sardonically at the word, “then marry me and save him from his doom.”

“What doom?” Her voice came mechanically, her lips seeming scarce to move.

He swung down from the table and stood before her.

“I will tell you,” he said, in a voice very full of promise. “I love you, Valerie, above all else on earth or, I think, in heaven; and I’ll not yield you to him. Say ‘No’ to me now, and at daybreak I start for La Rochette to win you from him at point of sword.”

Despite her fears she could not repress a little smile of scorn.

“Is that all?” said she. “Why, if you are so rash, it is yourself, assuredly, will be slain.”

He smiled tranquilly at that reflection upon his courage and his skill.

“So might it befall if I went alone,” said he. She understood. Her eyes dilated with horror, with loathing of him. The angry words that sprang to her lips were not to be denied.

“You cur, you cowardly assassin!” she blazed at him. “I might have guessed that in some such cutthroat manner would your vaunt of winning me at the sword-point be accomplished.”

She watched the colour fade from his cheeks, and the ugly, livid hue that spread in its room to his very lips. Yet it did not daunt her. She was on her feet, confronting him ere he had time to speak again. Her eyes flashed, and her arm pointed quivering to the door.

“Go!” she bade him, her voice harsh for once. “Out of my sight! Go! Do your worst, so that you leave me. I’ll hold no traffic with you.”

“Will you not?” said he, through setting teeth, and suddenly he caught the wrist of that outstretched arm. But she saw nothing of immediate danger. The only danger that she knew was the danger that threatened Florimond, and little did that matter since at midnight she was to leave Condillac to reach La Rochette in time to warn her betrothed. The knowledge gave her confidence and an added courage.

“You have offered me your bargain,” she told him. “You have named your price and you have heard my refusal. Now go.”

“Not yet awhile,” said he, in a voice so odiously sweet that Garnache caught his breath.

He drew her towards him. Despite her wild struggles he held her fast against his breast. Do what she would, he rained his hot kisses on her face and hair, till at last, freeing a hand, she smote him with all her might across the face.

He let her go then. He fell back with an oath, a patch of fingermarks showing red on his white countenance.

“That blow has killed Florimond de Condillac,” he told her viciously. “He dies at noon to-morrow. Ponder it, my pretty.”

“I care not what you do so that you leave me,” she answered defiantly, restraining by a brave effort the tears of angry distress that welled up from her stricken heart. And no less stricken, no less angry was Garnache where he listened. It was by an effort that he had restrained himself from bursting in upon them when Marius had seized her. The reflection that were he to do so all would irretrievably be ruined alone had stayed him.

Marius eyed the girl a moment, his face distorted by the rage that was in him.

“By God!” he swore, “if I cannot have your love, I’ll give you cause enough to hate me.”

“Already have you done that most thoroughly,” said she. And Garnache cursed this pertness of hers which was serving to dare him on.

The next moment there broke from her a startled cry. Marius had seized her again and was crushing her frail body in his arms.

“I shall kiss your lips before I go, ma mie,” said he, his voice thick now with a passion that was not all of anger. And then, while he still struggled to have his way with her, a pair of arms took him about the waist like hoops of steel.

In his surprise he let her free, and in that moment he was swung back and round and cast a good six paces down the room.

He came to a standstill by the table, at which he clutched to save himself from falling, and turned bewildered, furious eyes upon “Battista,” by whom he now dimly realized that he had been assailed.

Garnache’s senses had all left him in that moment when Valerie had cried out. He cast discretion to the winds; reason went out of him, and only blind anger remained to drive him into immediate action. And as suddenly as that flood of rage had leaped, as suddenly did it ebb now that he found himself face to face with the outraged Condillac and began to understand the magnitude of the folly he had committed.

Everything was lost now, utterly and irretrievably—lost as a dozen other fine emprises had been by his sudden and ungoverned frenzy. God! What a fool he was! What a cursed, drivelling fool! What, after all, was a kiss or two, compared with all the evil that might now result from his interference? Haply Marius would have taken them and departed, and at midnight they would have been free to go from Condillac.

The future would not have been lacking in opportunities to seek out and kill Marius for that insult.

Why could he not have left the matter to the future? But now, with Florimond to be murdered on the morrow at La Rochette, himself likely to be murdered within the hour at Condillac, Valerie was at their mercy utterly.

Wildly and vainly did he strive even then to cover up the foolish thing that he had done. He bowed apologetically to Marius; he waved his hands and filled the air with Italian phrases, frenziedly uttered, as if by the very vigour of them he sought to drive explanation into his master’s brain. Marius watched and listened, but his rage nowise abated; it grew, instead, as if that farrago of a language he did not understand were but an added insult. An oath was all he uttered. Then he swung round and caught Garnache’s sword from the chair beside him, where it still rested, and Garnache in that moment cursed the oversight. Whipping the long, keen blade from its sheath, Marius bore down upon the rash meddler.

“Par Dieu!” he swore between his teeth. “We’ll see the colour of your dirty blood, you that lay hands upon a gentleman.”

But before he could send home the weapon, before Garnache could move to defend himself, Valerie had slipped between them. Marius looked into her white, determined face, and was smitten with surprise. What was this hind to her that she should interfere at the risk of taking the sword herself?

Then a slow smile spread upon his face. He was smarting still under her disdain and resistance, as well as under a certain sense of the discomfiture this fellow had put upon him. He saw a way to hurt her, to abase her pride, and cut her to the very soul with shame.

“You are singularly concerned in this man’s life,” said he, an odious undercurrent of meaning in his voice.

“I would not have you murder him,” she answered, “for doing no more than madame your mother bade him.”

“I make no doubt he has proved a very excellent guard,” he sneered.

Even now all might have been well. With that insult Marius might consider that he had taken payment for the discomfiture he had suffered. He might have bethought him that, perhaps, as she said, “Battista” had done no more than observe the orders he had received—a trifle excessively, maybe, yet faithfully nevertheless. Thinking thus, he might even have been content to go his ways and take his fill of vengeance by slaying Florimond upon the morrow. But Garnache’s rash temper, rising anew, tore that last flimsy chance to shreds.

The insult that mademoiselle might overlook might even not have fully understood—set him afire with indignation for her sake. He forgot his role, forgot even that he had no French.

“Mademoiselle,” he cried, and she gasped in her affright at this ruinous indiscretion, “I beg that you will stand aside.” His voice was low and threatening, but his words were woefully distinct.

“Par la mort Dieu!” swore Marius, taken utterly aback. “What may your name be—you who hitherto have had no French?”

Almost thrusting mademoiselle aside, Garnache stood out to face him, the flush of hot anger showing through the dye on his cheeks.

“My name,” said he, “is Martin Marie Rigobert de Garnache, and my business now to make an end of one at least of this obscene brood of Condillac.”

And, without more ado, he caught up a chair and held it before him in readiness to receive the other’s onslaught.

But Marius hung back an instant—at first in sheer surprise, later in fear. He had some knowledge of the fellow’s methods. Even the sword he wielded gave him little confidence opposed to Garnache with a chair. He must have help. His eyes sought the door, measuring the distance. Ere he could reach it Garnache would cut him off. There was nothing for it but to attempt to drive the Parisian back. And so with a sudden rush he advanced to the attack. Garnache fell back and raised his chair, and in that instant mademoiselle once more intervened between them.

“Stand aside, mademoiselle,” cried Garnache, who now, grown cool, as was his way when once he was engaged, saw clearly through the purpose formed by Marius. “Stand aside, or we shall have him giving the alarm.”

He leapt clear of her to stop Marius’s sudden rush for the door. On the very threshold the young man was forced to turn and defend himself, lest his brains be dashed out by that ponderous weapon Garnache was handling with a rare facility. But the mischief was done, in that he had reached the threshold. Backing, he defended himself and gained the anteroom. Garnache followed, but the clumsy chair was defensive rather than offensive, and Marius’s sword meanwhile darted above it and below it, forcing him to keep a certain distance.

And now Marius raised his voice and shouted with all the power of his lungs:

“To me! To me! Fortunio! Abdon! To me, you dogs! I am beset.”

From the courtyard below rose an echo of his words, repeated in a shout by the sentinel, who had overheard them, and they caught the swift fall of the fellow’s feet as he ran for help. Furious, picturing to himself how the alarm would spread like a conflagration through the chateau, cursing his headstrong folly yet determined that Marius at least should not escape him, Garnache put forth his energies to hinder him from gaining the door that opened on to the stairs. From the doorway of the antechamber mademoiselle, with a white face and terrified eyes, watched the unequal combat and heard the shouts for help. Anon despair might whelm her at the thought of how they had lost their opportunity of escaping; but for the present she had no thought save for the life of that brave man who was defending himself with an unwieldy chair.

Garnache leapt suddenly aside to take his opponent in the flank and thus turn him from his backward progress towards the outer door. The manoeuvre succeeded, and gradually, always defending himself, Garnache circled farther round him until he was between Marius and the threshold.

And now there came a sound of running feet on the uneven stones of the courtyard. Light gleamed on the staircase, and breathless voices were wafted up to the two men. Garnache bethought him that his last hour was assuredly at hand. Well, if he must take his death, he might as well take it here upon Marius’s sword as upon another’s. So he would risk it for the sake of leaving upon Marius some token by which he might remember him. He swung his chair aloft, uncovering himself for a second. The young man’s sword darted in like a shaft of light. Nimbly Garnache stepped aside to avoid it, and moved nearer his opponent. Down crashed the chair, and down went Marius, stunned and bleeding, under its terrific blow. The sword clattered from his hand and rolled, with a pendulum-like movement, to the feet of Garnache.

The Parisian flung aside his chair and stooped to seize that very welcome blade. He rose, grasping the hilt and gathering confidence from the touch of that excellently balanced weapon, and he swung round even as Fortunio and two of his braves appeared in the doorway.