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Témoignages
Drôle d'héritage
Témoignages
Abbé Panager Curé de Saint-Étienne à Rennes
«Je ne
l’ai connue que depuis le moment où elle me choisit pour directeur. Elle
s’adressa à moi, parce qu’elle voulait être religieuse. Ce motif me fit la
recevoir de bon cœur, et je tâchai de l’aider. Elle fut toujours exacte,
docile. Je lui prêtai des livres, la vis quelquefois en particulier. J’en fus
toujours édifié, et me décidai à la proposer au Carmel.» [1]
Monsieur Dupont, le Saint-homme
de Tours
La Salette
[Suite à une communication de Sœur Marie de Sainte à la Mère
Supérieure, juste au début du mois de septembre 1846, et, avant l’apparition [2] sur la « sainte montagne»...]
«En 1846, vers les premiers jours du mois de
septembre, à la veille de partir avec ma famille pour Saint-Servan, en
Bretagne, j’allai prendre le commissions de la Révérende Mère, dont quelques
parents demeuraient à Saint-Malo. Je
fus obligé d’écrire la liste, assez longue, des commissions qui m’étaient
données. Nous nous entretînmes ensuite de la sœur Marie de Saint-Pierre.
Voici
ce qu’elle vient de me dire — ajouta la Révérende Mère. Et comme au même
instant je me trouvais un crayon à la main, j’écrivis ce qui suit:
Notre-Seigneur s’adressant à la sœur, lui dit: Ma mère a parlé aux hommes de ma
colère ; elle veut la fléchir; elle m’a montré son sein et m’a dit: “Voilà le
sein qui vous a nourri, laissez-lui répandre des bénédictions sur mes autres
enfants”. Alors elle est descendue, pleine de miséricorde, sur la terre ; ayez
donc confiance en elle.
Je mis
ces lignes dans mon livre de prières et je n’y pensai plus. Ne me trouvais-je
pas devant un langage mystérieux, où le passé se confondait avec le présent et
le futur? Je me contentai donc de me maintenir, d’une manière un peu vague,
dans la conviction où j’étais depuis longtemps, que la sœur était la confidente
de Notre-Seigneur. Cette conviction prit un nouvel essor lorsque, le 22 octobre
de la même année, je reçus copie de la première lettre de Monsieur le curé
Corps, relative à l’apparition de la sainte Vierge à la Salette, le 19
septembre. C’était l’accomplissement de la prédiction des premiers jours
de septembre. J’en fis une copie et me hâtai de l’expédier à Monsieur le curé
de Corps, qui ne tarda pas à m’écrire: “Dès le premier jour, j’ai cru ;
aujourd’hui, si on peut parler ainsi, je crois double”.
Je m’étais fait une loi de ne rien écrire de ce
qui m’était révélé, en secret, des communications de la sœur Saint-Pierre. Mais il est évident que, dans le cas dont
je viens de parler, j’obéissais à un bon mouvement, puisque la phrase que j’ai
transcrite ne se trouve pas dans le recueil des Révélations. A ce propos, la
Révérende Mère me dit :
—
J’ordonnais toujours à la sœur de mettre par écrit ce qu’elle voulait me
rapporter; mais il est probable que, dans la circonstance actuelle, je l’aurai
écoutée, et par mégarde j’aurai oublié ma formule ordinaire, qui tendait à la
tenir dans l’humilité: Ma fille, par obéissance, allez écrire ce que vous
voulez dire, je n’ai pas le temps de vous écouter. Or, j’ai bien pu, dans
l’espace de cinq ans, faire plusieurs fois le même oubli, surtout lorsque la
communication était courte et débitée avec la volubilité ordinaire de la sœur.
Et dans ces cas-là elle se serait bien gardée de prendre la plume.
Cette explication est bien simple, bien naturelle,
ce semble, et tout à fait concluante.
Il est touchant, plus qu’on ne peut penser et
dire, de voir notre auguste Mère confier à de pauvres petits enfants les
amertumes de son cœur maternel. N’est-il pas suffisant qu’elle ait été arrosée
du sang de son divin Fils sur le Calvaire ? Faut-il aujourd’hui qu’une
génération impie, le blasphème à la bouche, rappelle les affreuses stations des
rues de Jérusalem? Et que
deviendrons-nous, si Marie ne peut plus retenir le bras de Jésus ?...» [3]
Tours, La Salette et Lourdes
«A
Tours, Notre-Seigneur parle à sa servante, lui annonce les miséricordieuses
visites de sa très sainte Mère. A La Salette, Marie, assise sur la pierre,
verse des larmes; elle porte sur elle les insignes de la Passion, se plaint
amèrement des blasphèmes qui blessent la majesté divine, prédit des fléaux;
mais, pour que sa présence sur la terre ne soit pas stérile, elle dit et répète
de faire passer ses plaintes à son peuple: c’est-à-dire, sans doute, aux petits
et aux simples; car les prétendus savants n’étaient pas de force à adopter le
miracle de l’apparition. Les petits, au contraire, ont cru dès le premier
moment; ils auront prié, et l’on peut penser qu’ils ont obtenu au moins un
répit, puisque, quelques années après, en 1868, la très sainte Vierge se
montrait à Lourdes revêtue d’un vêtement de fête; elle ouvre les mains qu’elle
tenait cachées à La Salette, elle se nomme triomphalement l’Immaculée
Conception, elle demande, ce qu’on peut prendre pour un gage de paix,
l’érection d’une église: toutes choses qui peuvent nous faire espérer un
meilleur avenir.» [4]
La Réparation
« Sit Nomen Domini benedictum!
Nous
touchons, je crois, à la réalisation des vœux de la vénérable sœur, apôtre de
l’œuvre réparatrice. Il est impossible que la circulaire ne produise pas un
grand effet dans le monde chrétien, et le monde chrétien s’occupera à demander
grâce et miséricorde. Que Dieu en soit bénit, et son saint Nom glorifié à
jamais !» [5]
“Coïncidence”
de dates
«Sœur
Saint-Pierre, entrée au Carmel depuis trois années seulement, édifiait la
communauté par sa très vive dévotion envers l’Enfant-Jésus, lorsque tout d’un
coup, le 26 août 1843, elle vint après la messe se jeter aux pieds de la
Révérende Mère prieure : “Notre-Seigneur, dit-elle, vient de me donner ordre de
dire et de faire dire, le plus souvent que je pourrai, l’invocation suivante
relative au grand crime du blasphème : Qu’à jamais soit loué, béni, aimé,
adoré, glorifié, le très saint, très sacré, très adorable, inconnu,
inexprimable Nom de Dieu, au ciel, sur la terre et dans les enfers, par toutes
les créatures sorties des mains de Dieu et par le Sacré-Cœur de Jésus au très
Saint-Sacrement de l’autel.
Or, il
se rencontrait que le 25, veuille de cette ineffable communication, était
précisément le dernier jour d’une union de prières en forme de quarantaine (la
quarantaine de saint Louis dont nous avons parlé). Les prières se terminaient
par cette aspiration: Que votre Nom, Seigneur, soit connu, béni, en tout temps,
en tous lieux. La quarantaine n’avait pas été faite au Carmel, mais, suivant
toute apparence, en plusieurs villes et par un grand nombre d’âmes: il ne
semble pas douteux que cette union de prières n’ait hâté la naissance de
l’œuvre de la Réparation.
Chose remarquable, le 8 août de cette même année
1843, le souverain pontife Grégoire XVI donne un bref pour permettre
d’instituer de pieuses confréries dont le but est l’extirpation du blasphème.
D’une autre part, à la même époque, dans le diocèse de Nantes, un révérend père
Jésuite qui évangélisait sans aucun succès une paroisse rurale étrangement
livrée au blasphème, obtint des fruits de salut abondants, peu après que
Monseigneur l’évêque eut approuvé une association contre le blasphème avec
quarante jours d’indulgence.
Enfin, par une circonstance fortuite, on découvrit
dans le même temps qu’une petite feuille d’impression intitulée: “Avertissement
au peuple français ou réparation inspirée pour apaiser la colère de Dieu”,
avait été publiée, en 1819, avec approbation de Monsieur l’abbé Soyer, vicaire
général de Poitiers, mort en 1845 évêque de Luçon; que cet avertissement avait
pour but l’extirpation du blasphème, et qu’il avait été inspiré à une pieuse
carmélite de Poitiers, la mère Adélaïde, laquelle mourut en odeur de sainteté
le 31 juillet 1843, c’est-à-dire vingt-six jours avant que la sœur Saint-Pierre
reçût la mission de demander l’œuvre réparatrice du blasphème, comme si Dieu
eût attendu la mort d’un de ses prophètes pour un susciter un autre : Uno
deficiente, haud deficit alter. [6]
(...)
Si la
foi n’ordonne pas, elle permet du moins de croire qu’il en a été ainsi,
conformément à cette promesse: “Quand plusieurs seront réunis en mon nom, je me
trouverai au milieu d’eux.” [7]
Ce ne
fut qu’un an après les révélations faites à la vénérable sœur que nous
reconnûmes la coïncidence toute mystérieuse qui existait entre l’aspiration de
la quarantaine et l’invocation prescrite par Notre-Seigneur : comme si le ciel
eût entendu le cri de la terre!... Et l’œuvre de la Réparation naissait... »[8]
Extraits divers
«La
pauvre sœur en souffre étrangement et continue à recevoir des avis sur la
nécessité de réparer. Les cris de cette sainte âme ont donné naissance, à
Tours, aux petites feuilles contre le blasphème. Mais elle souffre encore et
demande de la part de notre bon Sauveur qui consent à être apaisé, une œuvre de
réparation d’honneur.» [9]
«Il est
vrai que je n’ai mission ni directe ni indirecte pour parler de choses aussi
relevées; mais, d’un autre côté, sans que j’aie jamais fait aucun calcul à ce
sujet, des circonstances m’ayant mis à même d’entrer en qualité de colporteur
dans cette affaire, j’ai comme une obligation matérielle à remplir.
(...)
Notre-Seigneur
connaît les vœux ardents que je forme à ce sujet, chaque fois que le très saint
Nom de Dieu se présente à ma pauvre âme dans la sainte Écriture. Et que
d’occasions se sont présentées pendant le carême et depuis Pâques !» [10]
Monseigneur Morlot, archevêque de Tours
«Je
ferai tout mon possible pour répondre à des manifestations qui me paraissent
d’une haute importance et d’un si grand intérêt.» [11]
«Il est
non seulement bon et nécessaire, mais urgent de donner la suite que vous
indiquez à ces inspirations. Dans l’écrit se trouve compris tout ce que je
voulais y voir. Dieu bénira ces efforts et ce concours de prières et
d’expiation.» [12]
«Mon
enfant, je désire de tout mon cœur établir cette œuvre et lui donner la
publicité qu’elle mérite, mais c’est une chose difficile. Si vous connaissiez comme
moi les obstacles! Nous avons déjà tant de peine à faire marcher notre peuple
dans la voie ordinaire: que dira-t-on si je propose quelque pratique de plus?
Cela n’excitera-t-il pas les méchants à de plus grands blasphèmes? Exposez à
Dieu nos difficultés et priez beaucoup pour moi; demandez de nouvelles
lumières; si le Seigneur vous éclaire, vous m’en donnerez connaissance. Mon
enfant, ce que vous éprouvez n’a point le caractère des illusions; j’y
reconnais, au contraire, le cachet de Dieu. Nous avons pris des informations et
nous savons que plusieurs personnes ont eu la même inspiration que vous au
sujet de cette œuvre réparatrice; elle existe en Italie, et il y a un mouvement
pour elle dans plusieurs diocèses de France. Je désire beaucoup que les âmes pieuses
s’appliquent à cette dévotion, mais vous surtout, mon enfant; offrez-vous à
Dieu comme une victime; offrez vos pénitences et toutes vos œuvres en sacrifice
de réparation pour l’Église et pour la France; unissez-vous à Notre-Seigneur
Jésus-Christ au très Saint-Sacrement de l’autel pour rendre, par lui, honneur,
louange et gloire aux trois divines personnes de l’adorable Trinité; tâchons
d’empêcher le bras du Seigneur de s’appesantir sur nous. Adressons-nous au
saint Cœur de Marie; offrons au Père éternel, par les mains de cette auguste
Mère, le sang, les souffrances et tous les mérites de son Fils, et j’espère que
nous apaiserons la colère de Dieu.
Vous
ferez, le jeudi une amende honorable; le vendredi, vous direz les litanies de
la Passion, et le samedi, celles de la sainte Vierge. Quand le Seigneur vous
l’inspirera, vous réciterez, mon enfant, les prières de la Réparation; mais
j’aime mieux que vous fassiez les prières les plus communes.
Dès
lors que vous ne vous obstinez pas à rien poursuivre hors des limites de
l’obéissance et que vous abandonnez ces choses au jugement de vos supérieurs,
vous devez être parfaitement tranquille.
Je
trouve tout cela très bien ; priez le Seigneur de m’éclairer et agissez uniquement
pour la gloire de Dieu». [13]
«J’apprends
avec la plus vive sensibilité la mort de cette bonne sœur; mais il faut la
féliciter et non la plaindre. Nous devons espérer aussi qu’elle va continuer au
ciel, et d’une manière plus efficace encore, ce qu’elle a si bien commencé sur
la terre. Elle protégera votre chère maison, le diocèse et la France !... J’en
ai la douce confiance. Demain j’offrirai pour elle et pour vous toutes
l’auguste sacrifice.» [14]
«J’ai lu avec un bien grand intérêt la notice que
vous m’avez adressée. Je ne doute pas de l’impression qu’elle produira dans
toutes les maisons de votre Ordre, et j’ai la ferme confiance avec vous que
cette âme choisie, étant en possession de la gloire et du bonheur, plaidera
efficacement notre cause auprès du Seigneur, après avoir prié sur cette terre
avec tant de foi et pratiqué ici-bas les belles vertus qui distingue les vraies
épouses de Jésus-Christ.» [15]
Une Carmélite [16]
«Parler
de sœur Marie de Saint-Pierre, rendre hommage à sa vertu, est pour moi tout à
la fois un bonheur et un devoir. Je vais donc mettre simplement, par écrit,
quelques particularités qui m’ont frappée dans les rapports que j’ai eus avec
elle.
Elle
entra en religion plusieurs années après moi; à cette époque, quoique professe,
j’étais en au noviciat, ce qui me mit à même de la bien connaître, et, par
suite, de l’admirer. Déjà nous voyions en elle une religieuse formée à
toutes les vertus; celles que je remarquai davantage, c’étaient son humilité,
son recueillent et son obéissance. Elle recevait les épreuves et les
humiliations auxquelles on la soumettait avec tant de joie et de
reconnaissance, que nous en étions toutes édifiées; loin de s’excuser, elle
s’accusait toujours elle-même, et semblait rechercher sans cesse les occasions
de s’anéantir. Elle était si recueillie, qu’elle ne voyait pas même ce qui se
passait devant elle. Un jour, pendant son postulat, notre Mère lui avait permis
de lever les yeux au chœur pour voir une cérémonie touchante; mais elle prit la
fin pour le commencement, et lorsqu’elle leva les yeux par obéissance, tout
était terminé; elle n’avait rien vu de ce qui venait de s’accomplir.
Jusqu’à sa profession, je n’eus avec elle que des
relations de noviciat; mais bientôt après je m’aperçus de sa dévotion toute
spéciale à la sainte Enfance de Notre-Seigneur, pour laquelle je me sentais
aussi beaucoup d’attrait ; c’est ce qui nous lia étroitement ensemble, et me
fournit l’occasion de connaître un peu plus particulièrement cette belle âme.
Sa piété était si douce et si aimable que j’en étais vivement touchée; nos
pratiques de dévotion avaient toujours pour but d’honorer le mystère de la
divine Enfance. Le saint Enfant-Jésus était l’objet de nos conversations. Avec
quelle tendresse elle en parlait! Comme elle savait bien s’entretenir sur les
vertus de ce divin Enfant! Et quoiqu’elle s’humiliât toujours, il m’était
facile de voir qu’elle en possédait la connaissance à un haut degré. Pour règle
de sa conduite, elle avait pris ces mots: Il leur était soumis. Je puis assurer
qu’elle les mit en pratique avec la plus grande perfection.
L’office de portière, où elle fut mise peu
d’années après sa profession, donna un grand exercice à sa vertu; je fus témoin
de sa promptitude dans l’obéissance et de son entière abnégation. A l’époque de
notre changement de monastère, ses occupations redoublèrent, et, quoiqu’elle en
fût surchargée, elle ne perdait pas un instant son recueillement; elle était
fort diligente, et suffisait à tout avec un zèle et une charité remarquables.
Étant alors dépositaire, je ne manquais pas non plus d’embarras; mais
lorsqu’elle me voyait un peu abattue, ou sur le point de m’échapper, elle me
rappelait tout bas ces paroles: Il leur était soumis, et ajoutait: “Allons,
soumettons-nous à la volonté du saint Enfant-Jésus; nous sommes ses petites
servantes.” Le temps que nous
passâmes hors de la clôture vint accroître ses mérites et embellir sa couronne.
Elle eut à souffrir de toutes manières; mais les choses les plus pénibles la
trouvèrent toujours douce, patiente et résignée. Elle ne se plaignit
jamais, et sa gaieté même ne souffrit aucune altération.
Notre chère sœur a été aussi, pour moi, un grand
sujet d’édification dans les souffrances corporelles qu’elle eut à supporter ;
elle fut prise par la maladie environ un an avant sa mort. J’étais alors
infirmière; je ne puis dire quelle consolation j’éprouvais auprès de cette
pieuse malade; elle ne refusait rien, trouvait toujours bien ce qu’on faisait
pour elle, et semblait oublier ses besoins pour ne s’occuper que de Dieu. Elle
était d’une soumission telle, qu’elle n’eût pas fait un pas hors de
l’infirmerie sans ma permission. Son recueillement paraissait continuel; en un
mot, il me semblait avoir un ange plutôt qu’un infirme. Aussi je ressentis une peine très sensible quand
je cessai de lui donner mes soins ?»
Drôle d’héritage...
Lettre à Mr Lebrument [17]
«En
voyant, par vos lettres, que vous désiriez quelque souvenir de votre pauvre
marraine, j’ai tout de suite pensé à un objet qu’elle-même a confectionné dans
une circonstance assez singulière; et je fus surprise lorsque d’elle-même, sans
aucune question de ma part, elle me pria de vous destiner le même objet. Je
vous avoue que vous êtes son unique légataire; car c’est la seule chose dont
elle m’ait priée de disposer pour quelqu’un. Quel est donc cet objet? Je
vous le donne en cent à deviner
C’est un tambour..., mais un tambour qui ne
ressemble à aucun autre que pour la forme, et dont l’idée est tout à fait
ingénieuse. En voici l’histoire.
Quand la pauvre sœur tomba malade, on était au
moment des élections gouvernementales. Nous avons eu plus d’une alerte. Alors
je lui dis, en plaisantant un peu: “Puisque vous ne pouvez plus prier, vous
serez le tambour spirituel, et lorsque vous entendrez la garde nationale battre
le rappel, vous appellerez les saints anges à notre secours.” Elle accepta sa
nouvelle mission, et, le lendemain, me présenta un petit tambour avec tous les
chœurs des anges, le saint Nom de Dieu, etc. Ne pouvant prier, elle le prenait
sur son lit pour appeler à notre aide toute la milice céleste, frappant le
petit tambour avec les doigts.
Le
monde rirait fortement de ce trait de piété enfantine ; mais vous, Monsieur,
qui n’êtes pas de ce monde, vous y verrez comme moi, sans doute, l’admirable
simplicité d’une âme transformée dans la science de la crèche et dans la vertu
de l’obéissance. Ce tambour vous est donc destiné. Il sera du goût, je crois,
de votre petit Charles; nous y joindrons quelque autre chose pour vous et pour
Madame Lebrument.»
Mère
Marie de l’Incarnation,
carmélite
indigne
* * *
NOTA: Les titres et les
sous-titres ne figurent pas dans les documents originaux. Nous les avons inclus
afin de permettre une recherche plus rapide.
* * *
Compilation achevée le 5 mai 1996,
date anniversaire de ce beau message reçut par sœur Marie de Saint-Pierre:
«Le
Sauveur me fit entendre qu’il avait remis toutes choses entre ses mains [18], et qu’Elle nous obtiendrait le bref du souverain
pontife. Cette œuvre réparatrice est si nécessaire à la France et si glorieuse
à Dieu, qu’il veut que sa très sainte Mère ait l’honneur de la donner à ce
royaume, comme un gage nouveau de sa miséricorde. Allons donc à la très sainte
Vierge, qui est la trésorière des grâces de Dieu; disons-lui sans cesse que la
France lui est consacrée et qu’elle lui appartient. Redoublons de zèle
pour cette Œuvre; que les difficultés ne nous abattent point; pour moi,
Notre-Seigneur me donne une confiance sans bornes.
—Sit
Nomen Domini benedictum!» [19]
[1] Document O - Lettre à
la Mère Prieure du Carmel de Tours.
[2] La Vierge Marie est
apparue, le 19 septembre 1846, à La Salette, dans les Alpes, diocèse de
Grenoble, à deux petits enfants : Mélanie et Maximin.
Notre Mère du ciel y est apparue
en pleurs... Elle y demanda, à «son peuple» — la France — la sanctification du
saint jour du Dimanche et la réparation du blasphème. « Si mon peuple ne veut
pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils; il est
si lourd que je ne puis plus le retenir. Oh! si vous saviez combien je souffre
pour vous!...» Elle confia également aux enfants un secret assez important sur
l’état et l’avenir de l’Église. Ce
même secret suscita bien des polémiques. Il fut, malgré cela, approuvé à Rome,
par le Chanoine Lippidi. Mélanie, quand à elle, entra au couvent et, après bien
des vicissitudes, rendit son âme à Dieu à Altamura, en Italie, où son corps
repose. Maximin, après avoir été zouave pontifical, mourut presque dans
l’oubli.
[3] Abbé Janvier - « Vie de
Monsieur Dupont », T 1, page 161. — Document T, page 9.
[4] Document T, p. 12.
[5] Monsieur Dupont fut
profondément touché par la mort de sœur Marie de Saint-Pierre. Il en ressentit,
non pas de la tristesse, mais plutôt de la joie, car «à ses yeux une sainte mort
était un jour de joie, un commencement de gloire pour l’humble vierge et pour
son œuvre de prédilection. Il avait assisté aux obsèques le visage rayonnant,
et conduit comme en triomphe sa dépouille mortelle au cimetière de
Saint-Jean-des-Coups — ancien cimetière, ainsi nommé de la défaite sanglante
que subirent les Normands au IX siècle à l’aspect des reliques de saint Martin
—, lieu qui lui était déjà bien cher, puisqu’il y avait conduit six mois
auparavant le corps d’Henriette, sa fille unique et bien-aimée.» — Abbé Janvier:
“Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.
[6] «L’un venant à manquer,
un autre lui succède.»
[7] Documents et mémoires
laissés par Monsieur Dupont.
[8] Lettre à la sœur G...,
du 11 juillet 1866.
[9] «Les petites feuilles
ou feuilles de saint Louis, dont parle ici Monsieur Dupont, étaient des prières
imprimées d’abord à Poitiers. (...) Elles furent réimprimées à Tours avec
l’approbation de Monseigneur Morlot, lequel ayant été instruit, dès le
commencement, des révélations faites à sœur Saint-Pierre, parut tout d’abord
s’y intéresser très vivement. “Je ferai tout mon possible pour répondre à des
manifestations qui me paraissent d’une haute importance et d’un si grand
intérêt.” Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une
lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844.» — Abbé
Janvier: “Vie de Monsieur Dupont”. Tome 1, page 144. Larcher - Paris 1879.
[10] Lettre du 30 avril 1846 à Monsieur le Borgne, vicaire général de
Saint-Brieuc.
[11] Ce sont les expressions dont se sert le vénérable prélat dans une
lettre écrite à la prieure du Carmel, en date du 29 février 1844.
[12] Lettre de Monseigneur
Morlot à la Mère Marie de l’Incarnation, prieure du Carmel de Tours, du 23
janvier 1849, au sujet de la publication des prières de sœur Saint-Pierre.
[13] Lettre de Monseigneur
Morlot, à la suite du premier entretien qu’il a eu avec sœur Marie de
Saint-Pierre.
[14] Premier billet de
condoléances envoyé par l’archevêque au Carmel de Tours, lorsqu’il apprit la
mort de sœur Saint-Pierre.
[15] Celui-ci fut envoyé «quand
la Circulaire composée selon l’usage sur sœur Saint-Pierre fut envoyée au
prélat.»
[16] Il s’agit du
témoignage de l’une des Carmélites de Tours «qui a pu la suivre tout le temps
et l’observer avec attention», comme le souligne l’abbé Janvier: “Vie de la
Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.
[17] Lettre envoyée par la
Prieure du Carmel de Tour à ce bon Monsieur — qui appelait Marie de
Saint-Pierre sa «marraine», et qui voulait un souvenir de celle-ci, après son
décès.
[18] Entre les mains de
Marie.
[19] Lettre du 5 mai 1847