Thursday, 22 January 2026

Thursday's Serial: “Journal Spirituel” by Sœur Marie de Saint-Pierre (in French) - XI.

 

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Un livre... – Dans les ténèbres

    Lettre du 26 juillet 1845

A Monsieur Dupont

(pour lui demander un livre)

«Notre Révérende Mère vous prie de vouloir bien me procurer un livre dont elle croit que l’intitulé est: “Triomphe de Jésus au très Saint-Sacrement”. Elle ne sait en quel endroit, durant notre délogement, a été mis celui qu’elle avait.

Comme je n’ai pas assez de ferveur, je désire en obtenir à quelque prix que ce soit; j’espère trouver, dans la lecture de ce livre, de quoi m’enflammer d’amour pour Jésus au très Saint-Sacrement». [1]

 

Dans les ténèbres

    Lettre du 11 Octobre 1845

«Depuis la dernière lettre de la première relation, datée du 19 novembre 1844, jusqu’au 17 juin 1845, époque où j’eus l’honneur et la grâce de parler à notre prélat, je reçus peu de communications par rapport à l’Œuvre de la Réparation...

Oh ! que mon âme était souffrante à cette époque (de l’entrevue avec Mgr Morlot). Alors je souffris un martyre intérieur que Dieu seul connaît; je ne pouvais plus manger, je ne pouvais plus vivre. Le céleste Époux me dit de ne point craindre de parler à Monseigneur, qu’il m’accompagnerait et me suggérerait ce que j’aurais à lui dire. Ce divin Sauveur tint sa promesse, car je parlai à ce digne prélat avec le respect dû à Sa Grandeur et avec la simplicité d’un enfant envers son père, sans être trop intimidée. [2]

Ces paroles furent comme un baume répandu sur mon âme; elles me donnèrent une grande consolation, car jusqu’alors mon confesseur n’avait pas voulu se prononcer sur ce qui se passait en moi au sujet de la réparation, me disant que mon premier supérieur avait reçu de l’Esprit-Saint le pouvoir d’exercer un jugement équitable, et qu’il fallait se soumettre à sa décision; alors je fus plus convaincue que jamais de la volonté divine, et quoique Monseigneur ne m’ait pas donné grand espoir qu’il puisse procéder à l’établissement de l’œuvre à cause des graves difficultés qu’il prévoit, cela ne m’empêche pas d’espérer que Dieu lèvera les obstacles quand le temps marqué dans ses décrets sera arrivé. Voici le raisonnement que je fais et la conclusion que j’en tire: si les communications que, malgré mon indignité, je reçois de Dieu par rapport à la réparation, ne sont pas illusoires, ainsi que me le dit celui qui a reçu d’en haut grâce pour en juger, cette œuvre assurément s’établira, car la parole de Dieu est créatrice et efficace; si, au contraire, Monseigneur m’eût dit que c’étaient des illusions, j’aurais abandonné tout cela, car, par la grâce de Dieu, j’ai toujours eu plus de confiance en la parole de mes supérieurs, qu’aux paroles intérieures que j’ai cru entendre de Notre-Seigneur: dans celles-ci on peut se tromper, mais la foi ne trompera jamais; le divin Maître a dit des supérieurs : Qui vous écoute, m’écoute; on ne peut donc se tromper en les écoutant. Ce mot du saint Évangile m’a toujours frappée; je l’ai gravé dans mon cœur, et en le mettant en pratique j’ai reçu de grandes grâces par le moyen de ceux qui ont eu la direction de mon âme».

 

Publication des prières

«Mais l’impression n’en fut pas exécutée tout de suite; alors Notre-Seigneur me fit entendre que si l’on se contentait d’imprimer ces prières sans y joindre une instruction sur le but de l’Œuvre à établir, cela ne suffirait pas, et que, pour intéresser les fidèles à réciter ces prières, il fallait leur apprendre le dessein de sa volonté, et qu’alors on verrait les âmes pieuses se jeter sur les prières de la réparation avec le même empressement que les abeilles se jettent sur les fleurs; et il me fit connaître que ces prières obtiendraient de grandes grâces pour la conversion des pécheurs.

Monseigneur approuva ce petit ouvrage, qui eut aussitôt un grand succès; en peu de temps il se répandit, ainsi que plus de vingt-cinq mille prières de la réparation. De différentes villes de France on adressait à Tours des demandes, afin de propager cette dévotion à la gloire du saint Nom de Dieu, et ces prières se récitaient partout avec une grande ferveur. Notre-Seigneur me dit à ce sujet que cette nouvelle harmonie apaisait sa colère, mais qu’il voulait l’association comme il l’avait demandée».

«Ce divin Époux s’est caché à mon âme et Il m’a remise dans l’oraison de considération ou très simple méditation sur mes fins dernières. Je suis rentrée dans le fond de mon âme pécheresse et criminelle, et là, Notre-Seigneur m’a fait connaître par de vives lumières l’abîme de mon néant. J’ai vu aussi mes nombreux péchés, tant d’infidélité à ses grâces et toutes mes ingratitudes. J’ai vu avec une grande certitude que je n’étais qu’un fantôme de carmélite et que j’étais bien éloignée de l’être en réalité. D’après ces vives lumières, je me suis jetée aux pieds de notre bon Sauveur, me reconnaissant coupable et le Lui ai confessé mes péchés. J’ai fait aussi une petite revue de conscience à mon confesseur, et j’ai pris la ferme résolution de commencer une vie toute nouvelle, à la faveur des lumières que Notre-Seigneur me donnait sur mes misères et sur mon néant. Il me semblait que c’étaient mes péchés qui étaient la cause que l’œuvre de la réparation restait inachevée. C’est pourquoi, le cœur pressé de douleur, j’ai prié Notre-Seigneur de vouloir bien se choisir un autre instrument pour l’accomplissement de ses desseins, qui fût digne de Lui.

Après ces lumières, Notre-Seigneur a permis que je sois éprouvée par des tentations. Je ne sentais plus en moi que des dispositions au mal. Si Notre-Seigneur ne m’avait pas retenue par sa sainte grâce, j’aurais fait bien des fautes. Ensuite, mes peines intérieures se sont augmentées par la privation de la grâce sensible. Oh! que cet état est pénible. Je ne parle pas ici de la soustraction des consolations intérieures, mais d’une grâce ou d’un mouvement intérieur qui porte l’âme au bien et à Dieu. Il semble qu’en cet état, l’âme a perdu la grâce; elle est comme agonisante.

— Seigneur — m’écriai-je — soutenez-moi, car je tombe en défaillance, je meurs.

Je n’osais presque plus faire la sainte communion, n’ayant à offrir à mon divin Époux qu’un cœur glacé. Je ne pouvais plus aussi glorifier le saint Nom de Dieu; cet exercice de réparation n’excitait plus en moi que dégoût et amertume. Et cependant dans le fond de mon âme, il me semblait que le bon Dieu voulait que je sois fidèle à cet exercice. Enfin, aujourd’hui, ma Révérende Mère, j’avais pris la résolution d’aller vous ouvrir mon âme avant de faire la sainte communion, car je ne pouvais me décider à la faire en cet état. Cependant, j’ai remis cette démarche et pensant à la sainte communion, j’ai dit: “Ce pain des forts soutiendra mon courage”, et en attendant la sainte Messe, j’ai pris avec foi le crucifix, pensant que Lui seul pouvait me guérir; m’étant souvenue que ce divin Sauveur m’avait dit que la louange qu’il m’avait donnée sous le titre de la “Flèche d’Or” blessait délicieusement son divin Cœur, j’ai fait dix fois cet acte de louange au saint Nom de Dieu et j’ai pris la résolution faire la communion, en réparation pour tous les blasphèmes proférés contre la divine Majesté.

— Oh ! que Dieu est bon ! Oh ! que sa miséricorde est grande !

Après avoir reçu par la sainte Communion ce Dieu d’amour, je Lui ai dit avec foi :

— Oh ! céleste et divin Médecin, je remets mon âme entre vos mains.

Ce divin Sauveur a de suite fait sentir à mon âme l’effet de sa prière en la recueillant en Lui pour Lui faire oublier ses douleurs, et ce bon Maître m’a fait entendre que sa divine volonté était toujours que je m’employasse à l’exercice de la réparation des blasphèmes, malgré les efforts du démon, qui voulait m’en empêcher en remplissant mon âme de peines et de répugnances lorsque je voulais m’y appliquer, parce qu’il voudrait anéantir cette œuvre si c’était en son pouvoir. Alors Notre-Seigneur a transporté mon esprit sur la route du Calvaire, et m’a vivement représenté le pieux office que Lui rendit Véronique qui, de son voile, essuya la très Sainte-Face qui était alors couverte de crachats, de poussière, de sueur et de sang. Ensuite, ce divin Sauveur m’a fait entendre que les impies renouvelaient actuellement, par leurs blasphèmes, les outrages faits à sa Sainte-Face; j’ai compris que tous ces blasphèmes que ces impies lançaient contre la Divinité, contre Dieu qu’ils ne peuvent atteindre, retombent comme les crachats des Juifs sur la Sainte-Face de Notre-Seigneur qui s’est fait la victime des pécheurs. Alors, notre divin Sauveur m’a fait entendre qu’il fallait que j’imite le courage de sainte Véronique qu’Il me donnait comme protectrice et pour modèle: elle qui traversa courageusement la foule de ses ennemis. Ensuite, j’ai compris que Notre-Seigneur me disait qu’en s’appliquant à l’exercice de la réparation des blasphèmes, on Lui rendait le même service que Lui rendit la pieuse Véronique, et qu’Il regardait celles qui le Lui rendaient, avec les yeux d’une même complaisance dont Il regarda cette sainte femme lors de sa Passion: et je voyais que Notre-Seigneur avait beaucoup d’amour pour elle. C’est pourquoi Il me dit qu’Il désirait qu’elle soit honorée particulièrement dans la Communauté, me disant de Lui demander telle grâce que nous voudrions, par le service que Lui rendit la pieuse Véronique, et qu’Il promettait de l’accorder. Il me semblait aussi que Notre-Seigneur me disait de prier notre Révérende Mère de faire part de cela aux Sœurs qui, dans ces jours, faisaient une dévotion de réparation en disant en l’honneur de la vie de Notre-Seigneur un certain nombre de fois la louange au saint Nom de Dieu dite “Flèche d’Or”. Notre-Seigneur me fit comprendre qu’Il avait pour agréable cette dévotion, faisant voir qu’Il s’était servi de moi comme d’un vil instrument pour introduire cette dévotion dans la Communauté, qui étant pratiquée par de bonnes âmes, Lui rendait service...» [3]

«Les effets de cette communication furent si grands dans mon âme, que je ne pouvais me lasser d’admirer la puissance et la bonté de Notre-Seigneur. Avant la communion j’étais plongée dans un abîme de douleur, et, après avoir reçu le pain de vie, j’étais comme ressuscitée de la mort, et la joie dilatait mon âme. J’allai trouver notre Révérende Mère, et je lui appris ce que le divin Maître venait de me faire connaître sur sa Sainte-Face par rapport à l’œuvre de la réparation, en lui disant:

— Ma Mère,, Notre-Seigneur m’a promis de m’accorder une grâce par l’intercession de la pieuse Véronique; que voulez-vous que je demande de votre part ?

Je me sentais pressée intérieurement de faire cette demande à notre Révérende Mère; Notre-Seigneur me donnait la conviction que j’allais être exaucée, et je pensais que, s’il m’accordait cette grâce, elle serait une preuve de vérité pour la nouvelle lumière que je croyais avoir reçue. Notre Mère me dit alors:

— Si Notre-Seigneur désire que nous essuyons sa Face, et s’il est disposé à nous accorder une grâce par le service que lui a rendu la pieuse Véronique, la grâce que je vous ordonne de lui demander, c’est qu’il ait la bonté de vouloir bien voiler notre face, à nous qui serons exposés aux yeux des séculiers, si la portion de terre qui avoisine notre jardin est vendue à des étrangers; ainsi priez-le de vouloir bien la donner à ses épouses; s’il vous accorde cette grâce, vos supérieurs auront une preuve sensible de l’esprit qui vous conduit».

La sœur obéit à l’ordre…

«Vous savez bien, mon Dieu, que je ne désire ce terrain qu’à cause de vous, et pour la gloire de votre saint Nom!

Je crois éprouver une protection spéciale de la pieuse Véronique, et je suis continuellement occupée à l’adoration de la Face auguste et très sainte de notre divin Sauveur. Je sens que mon âme est entre les mains de Dieu comme un instrument qu’il manie à son gré. J’ai été pressée, ces jours-ci, d’exposer à Jésus ce que notre digne prélat m’avait dit touchant l’œuvre de la réparation des blasphèmes, lorsque j’eus la grâce de lui parler. Hier surtout, après la communion, j’ai conjuré Notre-Seigneur de vouloir bien me donner de nouvelles lumières, en lui disant:

— Vous savez bien, mon Dieu, que c’est de la part de Monseigneur que je vous fait cette demande ; c’est en vertu de la sainte obéissance.

         Ce divin Sauveur n’a pas jugé à propos de me répondre; il m’a seulement recueillie en lui très profondément dans la contemplation de sa Face adorable.».

 

[1] Lettre du 26 juillet 1845 à Monsieur Dupont.

[2] Le prélat répondit: « Mon enfant, je désire de tout mon cœur établir cette œuvre et lui donner la publicité qu’elle mérite, mais c’est une chose difficile. Si vous connaissiez comme moi les obstacles! Nous avons déjà tant de peine à faire marcher notre peuple dans la voie ordinaire: que dira-t-on si je propose quelque pratique de plus? Cela n’excitera-t-il pas les méchants à de plus grands blasphèmes? Exposez à Dieu nos difficultés et priez beaucoup pour moi; demandez de nouvelles lumières; si le Seigneur vous éclaire, vous m’en donnerez connaissance. Mon enfant, ce que vous éprouvez n’a point le caractère des illusions; j’y reconnais, au contraire, le cachet de Dieu. Nous avons pris des informations et nous savons que plusieurs personnes ont eu la même inspiration que vous au sujet de cette œuvre réparatrice; elle existe en Italie, et il y a un mouvement pour elle dans plusieurs diocèses de France. Je désire beaucoup que les âmes pieuses s’appliquent à cette dévotion, mais vous surtout, mon enfant; offrez-vous à Dieu comme une victime; offrez vos pénitences et toutes vos œuvres en sacrifice de réparation pour l’Église et pour la France; unissez-vous à Notre-Seigneur Jésus-Christ au très Saint-Sacrement de l’autel pour rendre, par lui, honneur, louange et gloire aux trois divines personnes de l’adorable Trinité; tâchons d’empêcher le bras du Seigneur de s’appesantir sur nous. Adressons-nous au saint Cœur de Marie; offrons au Père éternel, par les mains de cette auguste Mère, le sang, les souffrances et tous les mérites de son Fils, et j’espère que nous apaiserons la colère de Dieu.

      Vous ferez, le jeudi une amende honorable; le vendredi, vous direz les litanies de la Passion, et le samedi, celles de la sainte Vierge. Quand le Seigneur vous l’inspirera, vous réciterez, mon enfant, les prières de la Réparation; mais j’aime mieux que vous fassiez les prières les plus communes.

      Dès lors que vous ne vous obstinez pas à rien poursuivre hors des limites de l’obéissance et que vous abandonnez ces choses au jugement de vos supérieurs, vous devez être parfaitement tranquille.

      Je trouve tout cela très bien; priez le Seigneur de m’éclairer et agissez uniquement pour la gloire de Dieu ».

Document B, page 45.

[3] Document B, page 49 — Lettre du 11 octobre 1845.

 

 

22

“Dieu est le Chef de son Christ”

    Lettre du 27 octobre 1845

«... Ce matin, en arrivant à l’oraison, Notre-Seigneur s’est emparé des puissances de mon âme. Il m’a fait entrer dans son divin Cœur et Il m’a fait voir et entendre des choses admirables en me faisant connaître ses admirables desseins sur l’Œuvre de la Réparation...

C’est ici, ma Révérende Mère, que j’ai grand besoin que l’Esprit Saint conduise ma plume, car je ne sais comment écrire ce que j’ai vu et entendu. Voici donc à peu près ce que je crois que Notre-Seigneur m’a communiqué.

Notre divin Sauveur, ayant recueilli les puissances de mon âme dans son divin Cœur, Il m’a fortement appliquée à la contemplation de sa Face adorable et Il m’a fait connaître par la lumière de ses divins rayons que cette Face auguste et Sainte, offerte à nos adorations, était le miroir ineffable des perfections divines qui sont renfermées, exprimées, contenues dans le très Saint nom de Dieu. D’après cette vue intellectuelle que Dieu m’a donnée, mais qu’il m’est impossible d’exprimer si ce n’est par ces paroles de l’Apôtre saint Paul, que j’ai lues depuis peu et qui m’ont vivement touchées parce que j’ai reconnu en ces paroles ce que j’avais vu et entendu en cette lumière: “Dieu est le chef de son Christ”. Et j’ai compris par cette communication que, comme le Sacré-Cœur de Jésus est l’objet sensible offert à nos adorations pour représenter son amour immense au très Saint-Sacrement de l’Autel, de même aussi, la Face adorable de Notre-Seigneur est l’objet sensible offert à l’adoration des associés de l’Œuvre de la Réparation, pour honorer et vénérer avec un profond respect, cette Sainte-Face couverte d’opprobres par les blasphémateurs qui attaquent la divinité dont elle est la figure, le miroir et l’expression; et par la vertu de cette Sainte-Face, offerte au Père éternel, on peut apaiser sa colère et obtenir la conversion des impies et des blasphémateurs. Cette dévotion n’est pas contraire à l’Œuvre; elle ne peut que lui être avantageuse. Notre-Seigneur m’a donné aussi une autre lumière en me faisant voir que l’Église est son corps mystique et que la religion était la face de ce corps. Alors, Il m’a fait voir cette face en butte à tous les ennemis de son Saint Nom; et je voyais que tous les blasphémateurs et les sectaires renouvelaient à la Sainte-Face de Notre-Seigneur tous les opprobres de sa Passion. Je voyais à la faveur de cette divine lumière, que les impies qui profèrent de mauvaises paroles et blasphèment le Saint Nom de Dieu crachait à la Face de Notre-Seigneur et la couvraient de boue, et que tous les coups que les sectaires donnaient à la Sainte Église, à la religion, étaient le renouvellement de nombreux soufflets que la Face de Notre-Seigneur avait reçus et qu’ils faisaient sur cette Face divine, en s’efforçant d’anéantir les divins travaux!

En suite de cette vue, Notre-Seigneur m’a dit :

— Je cherche des « Véronique » pour essuyer et adorer ma divine Face qui a peu d’adorateurs.

Et il m’a fait entendre de nouveau que tous ceux qui s’appliqueraient à cette Œuvre de la Réparation feraient en cela l’office de la pieuse Véronique.

Ensuite, Notre-Seigneur m’a dit:

— Je vous donne cette Sainte-Face en récompense des services que vous m’avez rendus depuis deux ans. Vous avez fait peu de choses, il est vrai; mais votre cœur a conçu de grands désirs. Je vous donne donc cette Face en présence de mon Père, dans la vertu du Saint-Esprit, et en présence des Anges et des Saints. Je vous fait ce « don » par les mains de ma Sainte Mère et de sainte Véronique, qui vous apprendra à la vénérer.

Ensuite, Notre-Seigneur m’a dit:

— Par cette Sainte-Face, vous ferez des prodiges.

Ce divin Sauveur me faisait connaître en même temps le désir qu’Il avait de voir sa Sainte-Face offerte à l’adoration de ses enfants, comme l’objet de la dévotion des associés de l’Œuvre de la Réparation des blasphèmes. Il semblait m’inviter à faire connaître son adorable Face. Ensuite, Notre-Seigneur me fit entendre que la grâce qu’Il m’avait faite en ce jour était la plus grande qu’Il pouvait me faire, après la grâce des sacrements, et qu’Il m’avait préparée, en labourant la terre de mon âme par les grandes peines intérieurs que j’avais souffertes il y a peu de temps. Il me fit entendre qu’Il ne tentait point ses enfants au-dessus de leurs forces. Je compris aussi qu’Il députait saint Louis, roi de France, pour protecteur de cette Œuvre de la Réparation, à cause du zèle qu’il avait eu pour la gloire de son Nom, et la pieuse Véronique, à cause du service qu’elle Lui avait rendu dans la route du Calvaire, en essuyant sa Face adorable. Après que Notre-Seigneur m’eût donné ces vives lumières sur l’Œuvre de la Réparation des blasphèmes, Il me dit:

— Maintenant, ceux qui ne reconnaîtront pas ici mon œuvre, c’est qu’ils fermeront les yeux.

A la fin de cette communication, je sentis un peu d’inquiétude sur la véracité de cette opération à cause de sa longueur; mais Notre-Seigneur me rassura en me disant qu’Il avait divers moyens pour se communiquer aux âmes et qu’Il s’accommodait à ma faiblesse; que je devais déjà avoir l’expérience qu’Il s’était communiqué à mon âme de cette manière douce et paisible. C’est comme un tendre Père qui me donne ses ordres et qui me fait connaître ses désirs. Mais il faut pour cela que mon âme ne soit agitée d’aucune passion: une grande joie ou une grande peine qui causent la moindre agitation, m’empêchent de recevoir ces lumières de Notre-Seigneur. Mais quand, par pure bonté, Il se fait entendre à mon âme, tout cela se passe si doucement et s’imprime tellement en moi que je ne peux plus m’appliquer qu’à ce que mon divin Maître m’a montré être de son bon plaisir.

Il m’avait promis, à mon entrée en religion, que, si je voulais, pour l’accomplissement de ses desseins, lui faire un parfait abandon de moi-même et de tout ce que je pourrais mériter, il dirigerait lui-même mon âme dans ses voies; mais je peux bien assurer ici, à la gloire de cet aimable Pasteur, qu’il me conduit pas à pas, comme une de ses brebis, malgré mon indignité. Il me mène à son gré, paître tantôt dans des vallons délicieux, puis dans des déserts arides, selon le besoin de sa pauvre brebis et pour le besoin spirituel de mon âme. J’ai pensé qu’il n’était pas inutile de faire connaître en peu de mots la manière dont Notre-Seigneur conduisait mon âme, afin qu’on puisse mieux juger ces lumières que je crois recevoir de notre divin Sauveur. Que son saint Nom soit béni d’avoir tant de soins d’une misérable pécheresse». [1]

 

[1] Lettre du 27 octobre 1845.

Wednesday, 21 January 2026

Wednesday's Good Reading: “Lilian” by Alfred Tennyson

 

 

Airy, fairy Lilian,

Flitting, fairy Lilian,

When I ask her if she love me,

Claps her tiny hands above me,

Laughing all she can;

She’ll not tell me if she love me,

Cruel little Lilian.

 

When my passion seeks

Pleasance in love-sighs,

She, looking thro’ and thro’ me

Thoroughly to undo me,

Smiling, never speaks:

So innocent-arch, so cunning-simple,

From beneath her gather'd wimple

Glancing with black-beaded eyes,

Till the lightning laughters dimple

The baby-roses in her cheeks;

Then away she flies.

 

Prythee weep, May Lilian!

Gaiety without eclipse

Wearieth me, May Lilian:

Thro’ my very heart it thrilleth

When from crimson-threaded lips

Silver-treble laughter trilleth:

Prythee weep, May Lilian.

 

Praying all I can,

If prayers will not hush thee,

Airy Lilian,

Like a rose-leaf I will crush thee,

Fairy Lilian.

Tuesday, 20 January 2026

Tuesday's Serial: Book of the Prophet Amos (translated into Portuguese) - VIII.

 Amós, 8

1. Eis o que me mostrou o Senhor:

Vi uma cesta de frutos maduros.

2. “Que vês tu, Amós?” – perguntou-me ele –.

“Uma cesta de frutos maduros” – respondi –.

Ele replicou:

“Chegou o fim para o meu povo de Israel.

Não continuarei a perdoá-lo.

3. Naquele dia, os cantos do palácio serão gritos de aflição

– oráculo do Senhor Javé.

Uma multidão de cadáveres,

lançados em qualquer parte. Silêncio!”.

4. Ouvi isto, vós que engolis o pobre,

e fazeis perecer os humildes da terra,

5. dizendo: Quando passará a lua nova,

para vendermos o nosso trigo, e o sábado,

para abrirmos os nossos celeiros,

diminuindo a medida e aumentando o preço,

e falseando a balança para defraudar?*

6. Compraremos os infelizes

por dinheiro e os pobres

por um par de sandálias.

Venderemos até o refugo do trigo.

7. O Senhor jurou pelo orgulho de Jacó:

não esquecerei jamais nenhum de seus atos.

8. Não estremecerá a terra por causa disso?

 Não estará de luto toda a sua população?

Todo o solo crescerá como o Nilo,

subirá e baixará como o rio do Egito.

9. Acontecerá naquele dia

– oráculo do Senhor Javé –

que farei o sol se pôr ao meio-dia,

e encherei a terra de trevas em pleno dia.

10. Converterei vossas festas em luto,

e vossos cânticos em elegias fúnebres.

Porei o saco em volta de todos os rins,

e a navalha em todas as cabeças.

E farei (a terra) debulhar-se em pranto, como se chora um filho único,

e seu porvir será um dia de amargura.

11. Virão dias – oráculo do Senhor Javé –

em que enviarei fome sobre a terra,

não uma fome de pão, nem uma sede de água,

(fome e sede) de ouvir a palavra do Senhor.*

12. Andarão errantes de um mar a outro,

vaguearão do Norte ao Oriente;

correrão por toda parte buscando a palavra do Senhor,

e não a encontrarão.

13. Naqueles dias, desfalecerão de sede

as belas jovens e os moços.

14. Os que juram pelo pecado da Samaria e dizem:

“Pela vida do teu deus, Dã!”. e

“Pelo caminho de Bersabeia!”

– estes cairão e não mais se levantarão.*

Notas de rodapé:

8:1-3 - Amós vê uma cesta de frutos maduros, representando a decadência moral e espiritual de Israel. O simbolismo do "fruto maduro" reflete o tempo de julgamento iminente, onde o pecado atingiu seu ápice (veja também Jeremias 24:1-10 e Mateus 21:33-46).

8:4-6 - O profeta denuncia a opressão dos pobres e a corrupção dos líderes, mostrando que Israel busca riquezas materialistas e injustiça social. O contraste entre justiça e exploração revela a indignação de Deus contra o pecado social (veja também Isaías 10:1-2 e Tiago 5:1-6).

8:7-10 - O Senhor jura que Ele não esquecerá os pecados de Israel, incluindo a opressão dos pobres e a falsificação da justiça. O julgamento de Deus será como um eclipse solar, simbolizando a escuridão espiritual e a morte iminente (veja também Amós 5:18-20 e Lucas 21:25-26).

8:11-14 - A visão da fome e da sede de ouvir a Palavra de Deus reflete a crise espiritual de Israel. O povo busca desesperadamente por uma palavra de esperança, mas já é tarde, pois a justiça de Deus será cumprida (veja também Mateus 4:4 e Amós 5:13).

Saturday, 17 January 2026

Saturday's Good Reading: “Phantoms” by Laurence R. D'Orsay (in English)

 

The only man who knew the story was Carson, and he never told it. He was as hard-headed a man as you could find in the country and his pride was that he wasn't superstitious.

When Sellars called on him that evening he left the monstrous tale in Carson's breast. True, he repudiated, ten minutes later, the confession made, evidently, in a moment of weakness.

"You can't go back on your statements like that, Sellars," the physician said quietly. "Even if the hop has so undermined your system that it's but a matter of weeks, you're not insane. You are as sane as I am, and you're lying to me when you try to get out of it like that."

"Swear to me that you'll never tell—never tell. All made up of whole cloth—spun you a yarn—don't know why. All rot, Carson, old man. Promise—to forget it!"

"I would promise, and welcome," said the other slowly, "if it weren't for the victims. The child, man! You know, Sellars, your case is serious. If you die with that on your soul! I guess I'm old-fashioned and all that; but the child, apart from the—the other thing—abandoned, as you say, in the woods! See a priest—let me call in Father Quinn. My God, Sellars!"

Sellars laughed, a trifle uneasily The doctor's blue eyes widened with horror.

"You won't see a priest, Sellars?" he pleaded.

"No, damn the priest—damn you, if you believe the rot I gave you a while back. I made it up—always was a bit theatrical—I lied—"

"You lie now, Sellars, you know that"; and the keen eyes bored to the shrunken soul rattling in the frail body before him. "Stop lying, man. You are about to die; it's no use blinking the fact. Common decency, even if you have no respect for religion—"

With an oath, the other turned on his heel and slammed the door behind him.

 

 

Yes, Martha was dead and gone There was no doubt about that. Yet, as Sellars glanced uneasily about the one little room comprizing the old ramshackle cabin in the midst of the marsh, he had an eery sensation that she was present. He had a feeling that she was trying to impress her presence on him, that she was vainly trying to communicate with him.

This was the third day that he had passed alone in the old cabin since Martha died. But three days—they seemed like years. Like years it seemed since he had returned in his skiff from Vallejo to his home above the inlet and Martha, noting his drunken state, had started the argument.

It had degenerated into the usual squabble, for both were of uncertain temper. Martha, womanlike, seeing that she was being worsted in the argument, had pushed him through the door of the cabin, causing him to land full-length in the sticky mud outside.

Then he had risen in a towering rage and, grabbing a heavy iron bar, had dealt a terrific blow at his wife's head, expecting to see her dodge as on many similar occasions. But she had slipped and lost her balance, and with a crunching, sickening sound the bar had descended on her unprotected head. He could see her now, lying where she had dropped without a cry or groan.

Horrified and frightened, he had poured cold water on her upturned face, had slapped and chafed her wrists. Finally, in a frenzy of terror, he had placed his hand over her heart. There was no movement, not even a flutter. Martha was dead, her head crushed in by the frightful blow.

He had sought the hypodermic needle again, and his fears had fallen from him. He had picked up the baby and taken it to the outskirts of Suisun. Someone would find it and give it a home.

But as the drug gradually wore off, he had fallen a prey to remorse and fear, and at last had fled to Carson for comfort and counsel. And, God pity him, he had not had the courage to go through with it!

Sellars straightened up and glanced around. To his fervid imagination, a thousand pairs of eyes seemed watching him. The leaves on the trees and bushes near by, rustling in the wind, sounded like accusing voices. A crane rose from the swamp with a mighty flapping of wings and a shrill, harsh cry, causing Sellars' flesh to creep and his hair to stand on end. What if the crane had seen, and was now trying to attract man's attention to the murderous deed?

Martha's body had been disposed of in a shallow grave quickly dug in the soft, muddy ground. It was covered over with damp earth. Sellars breathed a sigh of relief. All the same, if only the crane hadn't seen!

How gloomy and depressing the old cabin seemed! The very air seemed weighted with an unearthly, deathly chill. And those unseen eyes—watching—watching his every movement. . .

He had been aware of their presence for two years and more, long before Martha died. The doctor had said "hallucinations," but Sellars knew better. At night, out at his lines or setting his nets, he had been conscious of ghostly whispers and strange murmurs, which quivered in the air about him. He could not shake off that strange sensation that invisible eyes were watching him out of the misty, damp air that hovered over the swamp.

The mysterious sounds were more noticeable in foggy or rainy weather; in fact, several times, when out late at night, he had seen mistlike shapes dogging his footsteps. He had at last come to the firm conviction that the air around the swamp was inhabited by a peculiar group of phantoms, whose forms were almost visible in damp or foggy weather.

Foggy, stormy, gloomy! And the wind this evening whistled across the swamp with a mournful intensity, like a legion of demons turned adrift, seeking for some human being to destroy. Every moment Sellars, sitting there, expected to see the cabin torn apart and its debris scattered broadcast over the swamp. The rain came down in torrents, dripping down the chimney and threatening to extinguish the small fire in the open hearth.

If only Martha were not buried so close to the house! Again and again he felt certain that some one was trying to force open the door. Tiptoeing over, he listened intently. He imagined he could see misty shapes peering in through the solitary window. A damp chill was in the room, despite the fire.

He rolled a barrel of water against the door, then fastened a large sheet of cardboard across the window. The misty shapes, furious that their view was obstructed, pointed ghostly, accusing fingers in his direction.

 

 

The night wore on, and Sellars was unafraid. He pulled a writing tablet towards him and began to write, laughing at the foiled phantom shapes outside.

He dozed off to sleep, only to awake with a shriek of terror and that strange, intangible feeling that the house was surrounded by invisible beings, ready to pounce upon him the moment he stepped outside. And then a cold perspiration stood on his forehead. What if the piece of cardboard which he had fastened across the window should fail to resist their attempts to force it?

With terrified eyes he glanced across the room. The cardboard still protected the window. But Martha seemed to be in the room; and so strong was this feeling that, although he could not see her, he caught himself speaking to her and waiting for her to answer. She seemed, somehow, to be in the room sewing or knitting in the old, familiar way; and yet she was buried in the shallow grave outside the cabin. . . .

What a gloomy place the cabin was! He saw something on the threshold, but as he looked again it was not there. He searched every nook and corner of the room, even going down on his knees and looking under the bed. He could discover nothing. Finally he decided that it must have been the cat; it was now purring lazily before the hearth, and he gave it a vicious kick and began to prepare hot coffee.

But the wind began to rise, and the rain beat against the window pane in a steady downpour. A chill crept over Sellars; the cat was mewing eerily. At times the cabin rocked and swayed with the fury of the gale. Again he was sure that Martha was in the room—quite close to him now—seeking to communicate with him.

There was a loud rapping at the door, a loud, insistent knocking, as if some one demanded admittance.

In a voice trembling with fear, Sellars asked who was there. No response came, but the latch clicked as if some one were trying to open the door.

Panic-stricken, Sellars sat at the table, muttering incoherently to himself. He noticed that the cat, with arched back and hair standing straight in the air, dived under the bed and continued to spit and mew.

Again that knocking on the door, making it quiver on its frail hinges. Then the bar that secured it on the inside began to move slowly out of its socket!

Sellars half attempted to rise from his chair, with the intention of holding the bar in its place, but he was powerless to move. The cat gave a wild screech and dashed through the flame and smoke of the hearth up the wide chimney.

A loud click of the latch, and the door swung open. With eyes starting from their sockets, Sellars, nearly crazed with terror, watched several misty shapes circling round the threshold. They changed and drifted in the wind like phantom forms of fog or smoke.

The desperate man's hand flew for the revolver in his hip-pocket. As he grasped the weapon, the foremost of the phantoms glided up to where he sat. His brain reeled as he felt a pair of ice-cold hands encircle his wrists. His hands were held as in a vise.

Sellars tried to struggle to his feet, but other hands forced him with irresistible pressure back into the chair. His elbow knocked the lamp from the table. It overturned on the floor; and at that moment the fire on the hearth went out, leaving the room in utter darkness.

The rain and wind had suddenly ceased. The cat, on the roof, was mewing in an agony of terror. Far across the swamp, the bell of one of the channel buoys sent out a mournful sound, like the bell in the belfry of a church as a funeral approaches.

The chill, clammy hands that encircled Sellars' wrists with a slow, steady pressure forced the muzzle of his revolver against his forehead. He tried desperately to resist, but he was as putty in the grip of those unseen hands.

And then, in a far corner of the room, he saw Martha. And her face was red with blood from the wound he had inflicted.

Sellars made a desperate effort to rise from his chair. The thought flashed through his mind that if he could reach her he would be saved. But in the grip of those uncanny, unearthly forces he was powerless.

The muzzle of the revolver was forced back slowly, irresistibly. Now, like the finger of fate, it pointed directly at his forehead.

A pressure on his finger, a flash of fire before his eyes! Martha swayed forward as if to embrace—drifting through space, drifting, drift—. . . .

 

 

"Suicide," said Carson, at the inquest. "A constitution undermined by long and excessive use of alcohol and drugs. Brain snapped. Undoubtedly he was already insane when he killed his wife."

"But what about the statement in deceased's handwriting, containing what purported to be a record of the happenings of the hours immediately preceding his death?" asked the coroner. "That seems rational enough."

"Alcohol and drugs," said the doctor shortly. "Hallucinations."

And he turned abruptly, as if he were glad to have done with the case. For Carson was as hard-headed a man as you could find in the country, and his pride was that he wasn't superstitious.

Friday, 16 January 2026

Friday's Sung Word: "Murmurando" Mário Rossi (in Portuguese)

Murmurando esta canção

 Music by Fon Fon (Otaviano Romero Monteiro).

Eu sei que o meu coração
Há de suplicar: -Amor,
Vem matar tanta dor
Já não há luas-de-mel
Nem mais estrelas no céu
Um anel de ambições envolveu irmãos
E será um poder fatal
Se o bem não vencer o mal

Amor, tanta dor há de chegar
Ao fim
É melhor, é bem melhor
Amar e viver sem imitar CaimCopac
Por que mentir, trair, matar
Em vez de amar?

Será que a negra escuridão
Pode apagar a luz do Sol?
Será que o nosso coração
Pode viver sem um crisol?
Se Jesus ao levar a cruz além,
Não deixou de pregar o amor a alguém?
Além de todas as razões
Quero mostrar aos meus irmãos
A lição de perdão do Grande Rei, o Criador,
Que ao expirar sobre o Tabor
Quis imortalizar o amor.

 


 

You can listen "Murmurando" sung by Odete Amaral and the Cassino Copacabana Orchestra directed by 
Simon Bountman. here.