Thursday, 16 April 2026

Thursday's Serial: “Journal Spirituel” by Sœur Marie de Saint-Pierre (in French) - XXIII.

 

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Sainte Thérèse d'Avila

L'Église est menacée

    Lettre du 4 janvier 1848

Apparition de sainte Thérèse

«Notre sainte mère Thérèse m’est apparue ce matin dans l’intérieur de mon âme. Elle est députée de Dieu pour combattre les ennemis de l’œuvre réparatrice, que les démons veulent dévorer. Elle m’a dit que cette œuvre serait l’honneur du Carmel, et qu’elle était bien en rapport avec l’esprit de notre sainte vocation, dont la fin est la gloire de Dieu et les besoins de l’Église ; c’est pourquoi elle m’a pressée de m’y dévouer avec ferveur. Ensuite elle m’a recommandé l’obéissance, me faisant entendre que Jésus opérait des miracles pour les âmes qui possédaient cette vertu, et qu’elle-même avait toujours soumis à l’obéissance les communications qu’elle avait reçues du Ciel. Elle m’a fait voir aussi avec quelle fidélité je devais m’acquitter de toutes mes observances religieuses, dont la moindre est très agréable au Seigneur et peut m’enrichir de mérites. Enfin j’ai compris que Dieu donnait à l’œuvre une très puissante protection en notre sainte Mère, et à moi une très douce consolation dans mes peines. Depuis lors, je me sens liée d’une manière toute spéciale à cette grande sainte, qui a eu tant de zèle pour la gloire du Très-Haut. Elle va soutenir ma faiblesse, et m’aider à marcher dans une voie épineuse.»

L’Église est menacée...

 

    Lettre du 13 février 1848

“Priez, priez!...”

«Pendant mon oraison du soir, Notre-Seigneur m’a prévenu qu’il voulait me communiquer quelque chose. J’ai plusieurs fois résisté à cette opération, parce que je craignais l’illusion; mais enfin Jésus, ayant recueilli dans son divin Cœur les puissances de mon âme, m’a dit de me rappeler que je m’étais donnée toute à Lui pour travailler à l’accomplissement de ses desseins; c’est pourquoi il voulait, dans ce jour, me confier une nouvelle mission. Bientôt il m’a fait part du terrible coup qui devait nous frapper:

— L’Église est menacée d’une horrible tempête, priez, priez... [1]

Il m’a donné cette connaissance à diverses fois, mais il n’est pas possible de rendre le touchant accent avec lequel ce charitable Sauveur me disait: Priez, priez!... Et il m’a enseigné de quelle prière je devais me servir pour garder son Église dans le saint Nom de Dieu ; c’est de celle qu’avant de quitter la terre il avait faite à son Père céleste pour ses apôtres et pour toute l’Église: “Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés.” [2] Cette prière est plus efficace que toutes les autres que j’aurais pu faire de moi-même ; et comme dans sa miséricorde il m’a choisie pour faire glorifier le très saint Nom de Dieu, j’ai droit, en quelque sorte, de demander grâce par la vertu de ce saint Nom, qui est le refuge de l’Église. J’ai reconnu mon néant, et j’ai soumis ma volonté.

Cet adorable Sauveur m’a fait entendre que sa justice était fort irritée contre les péchés des hommes, mais surtout contre les crimes qui outragent immédiatement la majesté de Dieu. A ce moment j’ai vu Notre-Seigneur au très Saint-Sacrement, et les prières des justes qui retenaient le bras de la divine justice.

Notre-Seigneur m’a recommandé aussi de prier pour le nouveau Souverain Pontife. A la fin, il m’a semblé voir comme une fumée noire qui s’élevait vers le ciel; mais le soleil n’en a pas été obscurci, ce qui m’a un peu consolée. Cette fumée était l’emblème des ennemis, et le soleil représentait l’Église.

Jésus m’a dit encore:

—Les effets que vous allez éprouver dans votre âme vous feront connaître si c’est moi qui vous ai parlé.

Et bientôt mon cœur a été comme transpercé d’un glaive de douleur. J’ai donc commencé ma mission de prières, en disant: Père saint, gardez l’Église de Jésus-Christ en la vertu de votre Nom salutaire; c’est la dernière volonté de votre Fils bien-aimé, c’est là sont désir. Souvenez-vous de la prière que vous fit son amour pour l’Église, notre Mère, le soir du dernier jour : “Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés; lorsque j’étais avec eux, je les gardais en votre Nom!” Très saint Nom de Dieu, refuge de l’Église et de la France, ayez pitié de nous, sauvez-nous !...»

 

[1] Cette prédiction, il est bon de le remarquer, se réalisa cette même année 1848, en France, en Italie, et particulièrement à Rome, que le Saint-Père Pie IX fut obligé de quitter pour se réfugier à Gaète.

[2] Évangile de saint Jean. Prière sacerdotale.

 

 

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“Frappez, Seigneur...”

“Ne craignez pas, petit troupeau...”

    Lettre du 20 février 1848

Toujours la France coupable...

«Le dimanche 20 février, ayant offert la sainte communion en réparation des outrages faits à la Majesté divine, j’ai vu que c’en était fini! La France, trop coupable, allait être châtiée! Une lumière intérieure me découvrait ceci: “Le Seigneur a bandé son arc ; il va décocher ses flèches.” Le voyant si indignement outragé, je suis entrée dans le dessein de sa justice et j’ai dit: “Frappez, Seigneur.” Alors je désirais que la gloire de Dieu fût vengée; j’ai vu que le coup ne serait pas mortel. Si j’ai prié le Très-Haut de frapper pour venger sa gloire, je l’ai prié aussi de frapper en père, et non en juge irrité. J’ai vu clairement qu’il était nécessaire que ce scandale arrive, si je peux m’exprimer ainsi. Adorons cette divine justice, et invoquons la miséricorde. Il y a plus de quatre ans que le bras du Seigneur était levé sur nos têtes coupables!...» [1]

“Ne craignez pas, petit troupeau”

 

    Lettre du 26 février 1848

Pas de crainte pour le Carmel et l’Église

«—Ne craignez point, petit troupeau ; votre bercail est en mon Nom. Je vous tiens toutes cachées dans mon Cœur; il ne vous arrivera point de mal; j’ai la puissance entre mes mains, et je ne souffrirai pas qu’on vous arrache de mon sein.

Oui, le Seigneur saura reconnaître ceux qui ont invoqué son saint Nom. Ce Nom adorable est un tout-puissant rempart; sa vertu est communiquée à notre maison, parce que les membres sont unis par les liens de la charité.

Notre-Seigneur m’a fait comprendre aussi que le clergé serait épargné; sans doute il aura des vexations, mais il ne sera pas persécuté ouvertement; le sang des prêtres ne coulera pas comme en 93[2], parce, m’a-t-il dit, il n’a pas à se plaindre du clergé comme il avait sujet de le faire à cette malheureuse époque. Oui, j’en ai la conviction, l’Église de France sera gardée en la vertu du très saint Nom de Dieu.

La France, par contre...

“Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés!” Voilà la divine prière qu’il faudrait faire continuellement pour la sainte Église, en union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Permettez-moi de vous rappeler les paroles que Jésus me dit après la sainte communion, le 21 novembre, et qui firent couler mes larmes en ce jour de fête consacré à Marie. Il me parlait alors de l’œuvre réparatrice; il ajouta:

—Et quand, de mon bras puissant, j’ébranlerai ce trône pour en faire tomber celui qui y est assis, en quel état sera la France?

Vous voyez que ce n’était pas sans raison que mon cœur était affligé, puisque les grands moments de Dieu approchaient. Mais hélas ! l’heure de la justice a sonné, et, dans un clin d’œil, il fait ce qu’il dit. Je vous adore, justice de mon Dieu, et j’invoque votre miséricorde, Seigneur!

Mon âme est dans un état pénible; j’ai besoin d’ouvrir mon cœur. Je considère les prédictions que le Seigneur m’a faites, et je dis: Les voilà bientôt toutes vérifiées! Mon Dieu, n’ai-je pas sujet de trembler d’avoir été chargée d’une mission si redoutable, surtout quand je me rappelle ces terribles paroles, qui me furent adressées: Si par votre faute mes desseins ne sont pas accomplis, je vous demanderai compte du sang et des âmes ? Il y a plusieurs années, il est vrai, afin d’arrêter le bras de Dieu qui s’appesantissait sur notre patrie, j’ai dit que le Seigneur demandait à la France une œuvre réparatrice, qui serait pour elle l’arc-en-ciel de la miséricorde. Heureusement l’œuvre est née, elle commence à briller; mais elle est encore bien faible pour arrêter le bras du Tout-Puissant en courroux. Ah ! si elle s’étendait dans tous les diocèses, je serais sans inquiétude ; car Dieu est fidèle dans ses promesses. Depuis quelque temps, j’ai prié ce bon Maître de donner à Monseigneur un signe de ma mission, afin qu’il puisse agir pour le réparation. J’ai exposé simplement à Celui qui peut tout la position de Sa Grandeur, et j’ai supplié Jésus de lui donner une preuve de sa volonté. Seigneur, ai-je dit, donnez un signe, mais un signe si éclatant que toute la France puisse en être témoin. Seigneur, donnez-lui ce grand signe!

Notre-Seigneur, voyant que je lui faisais cette prière uniquement pour la gloire de son Nom et l’accomplissement de sa volonté, m’a exaucée. Le 13 février, j’ai eu cette vision dont je vous ai parlé; c’était la confirmation de ce que j’avais annoncé à Monseigneur en la communication du 2 décembre. Le divin Maître, à cette époque, m’avait dit de faire connaître à Sa Grandeur que l’orage grondait déjà dans le lointain, et que c’était la dernière heure pour agir. Le 13 février, j’ai vu la lutte s’engager, et les ennemis, sous l’emblème d’une fumée noire qui s’élevait vers le ciel, mais qui n’a point obscurci le soleil de l’Église, parce que l’Église de France avait déjà invoqué le saint Nom de Dieu, et il devait être son refuge au moment de la tempête. Le Seigneur m’avait dit qu’en faveur se son œuvre naissante, celle qui devait être réduite à l’extrémité du malheur (la France) ne serait, en cette terrible commotion, que légèrement blessée. Il a exécuté jusqu’à présent ce qu’il m’avait promis; oui, il a gardé son Église en la vertu de son Nom salutaire; avant de frapper le grand coup de sa justice, il a dit: Père saint, gardez en votre Nom ceux que vous m’avez donnés. Aussi les méchants ont respecté les siens. Oh ! que je voudrais faire savoir à tous les évêques cette consolante vérité, que le très saint Nom de Dieu est le refuge de l’Église de France, en leur demandant à grands cris l’œuvre réparatrice! Je l’ai toujours dit et je le répète encore : C’est elle qui doit désarmer la justice de Dieu et sauver la France. Heureux si l’on sait profiter de ce moyen de salut!»

 

[1] « En effet, l’heure de la catastrophe a sonné. Une révolution inattendue éclate à Paris, et fait sentir ses contrecoups dans l’Europe entière. Louis-Philippe, qui croyait son sceptre affermi depuis dix-huit ans, est contraint de prendre avec toute sa famille la route de l’exil.. »

— Abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.

[2] 1793, pendant la grande Révolution.

 

 

54

“Soyez fidèle à remplir votre mission...”

L'entretien

    Lettre du 3 mars 1848

Nouvel appel à l’archevêque

«En sortant de mon action de grâces, je m’empresse de vous écrire ce que Notre-Seigneur vient, dans la sainte communion, de me faire connaître.

Premièrement, il veut absolument que je parle à Monseigneur l’archevêque ou à son secrétaire, et que je dise de vive voix ce que le Seigneur m’a révélé depuis quatre ans et demi; il m’assure, ce bon Maître, qu’il mettra ses paroles en ma bouche:

—J’ai encore, a-t-il ajouté, la verge en ma main, la verge de ma justice; si on veut l’en arracher, qu’on y mette en la place l’œuvre réparatrice! Quant à vous, soyez fidèle à remplir votre mission, et songez que c’est une grande chose que d’avoir à manifester ma volonté. Si vous étiez infidèle à ma voix, vous vous exposeriez à sentir vous-même les coups de cette verge; faites vos efforts pour l’arracher de mes mains.

Voilà à peu près, ma très Révérende Mère, ce que Jésus m’a communiqué ; mais il faut que je continue toujours à réciter cette prière, en union avec lui: “Père saint, gardez en votre nom ceux que vous m’avez donnés!” D’après ce qu’il m’a montré, c’est lui qui la dit en moi, et moi, je la dis en lui. Oh! quelle tendresse il a pour son Église! Il me semble qu’il n’est occupé que d’elle; il veut la sauver, la cacher dans le Nom adorable de son divin Père. Si l’Église de France pouvait parler, elle demanderait à grands cris l’œuvre réparatrice. Je la demande pour elle; car c’est son rempart contre les traits de ses ennemis.

Ma Révérende Mère, pour obéir au divin Maître, je vous prie très humblement de vouloir bien solliciter pour moi la visite de Monseigneur. Si Sa Grandeur avait trop d’occupations, elle voudrait bien m’envoyer son secrétaire, qui rendrait compte de ce que je lui communiquerais.» [1]

L’entretien...

 

    Lettre de mars 1848

Compte-rendu

«Ma Révérende Mère, je vais vous faire un court extrait de mon petit plaidoyer avec le secrétaire de Monseigneur l’archevêque, au sujet de l’œuvre réparatrice. Je vous assure que Notre-Seigneur m’a bien assistée, comme il me l’avait promis, car je n’ai été ni troublée ni intimidée, et j’ai parlé avec la plus grande facilité. Je vous dirai donc à peu près notre conférence.

Monsieur le Secrétaire: —Ma sœur, je viens vous dire de la part de Monseigneur qu’il a montré vos lettres aux membres de son conseil, et que tous unanimement se sont prononcés contre l’établissement de l’œuvre que vous demandez. Monseigneur a prié, examiné sérieusement cette affaire, et il n’est pas possible qu’il puisse agir comme évêque ; on ne reconnaît pas la validité de votre mission.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, je ne prétends point importuner Monseigneur par de nouvelles instances, ni soutenir mes sentiments sur la mission que je crois m’avoir été imposée par Notre-Seigneur pour le salut de la France. Mon intention a été de remplir un devoir de conscience. Lorsque j’ai eu l’honneur de parler à Sa Grandeur des communications que je croyais recevoir de Dieu, elle me dit alors: “Mon enfant, soyez en paix; vous n’êtes point dans l’illusion, je reconnais ici le cachet de Dieu.” Monsieur, c’est d’après ces paroles, que j’ai reçues comme venant du Saint-Esprit, que j’ai persévéré dans ma mission.

Monsieur le Secrétaire: —Ma bonne sœur, Monseigneur vous a dit cela alors, c’est qu’il ne savait pas où cela irait. Depuis cette époque il a examiné les choses, il a prié ; cela ne se peut pas.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, cela me suffit. Je ne veux que ce que Sa Grandeur a décidé. Ma conscience m’a obligée à faire des démarches pour l’Œuvre de la Réparation; maintenant je suis parfaitement en paix. Mais je vous dirai que la raison pour laquelle j’ai exprimé le désir de parler à Monseigneur a été de me décharger de ma mission. Ainsi, puisqu’il vous envoie à sa place, je veux faire en ce moment un acte de religion. Je dépose ma mission aux pieds de l’autorité ecclésiastique; elle sera responsable devant Dieu.

Monsieur le Secrétaire: —Mais, ma bonne sœur, cette association dont vous parlez est déjà établie.

Sœur Saint-Pierre: —Je le sais bien, Monsieur; mais l’Église de Tours devrait en être dépositaire. Je l’ai sollicité auprès de Monseigneur, il n’a pas jugé à propos de l’établir ; je me suis soumise; et ce qui prouve qu’elle est bien dans la volonté de Dieu, c’est que, sans aucun concours de ma part, elle a pris naissance.

Monsieur le Secrétaire: —Mais elle a ici beaucoup d’associés ; et Monseigneur n’a-t-il pas approuvé à ce sujet un petit livre de prières ?

Sœur Saint-Pierre: —Cela est vrai, Monsieur; mais il serait nécessaire qu’il y eût à Tours une agrégation. L’œuvre a besoin du concours et de la protection de Monseigneur l’archevêque. Tous les yeux sont fixés sur lui, parce que c’est en son diocèse qu’elle a été conçue.

Monsieur le Secrétaire: —Ma sœur, je vous dirai en tout abandon que cette œuvre établie à Langres ne va pas très bien; on en a parlé dans les journaux.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, je n’en suis point étonnée, car Notre-Seigneur m’avait dit que cette œuvre serait traversée par le démon. N’avez-vous pas vu qu’il en fut ainsi pour la dévotion du Sacré-Cœur de Jésus et pour l’institution de la fête du Saint-Sacrement? Le Sauveur a communiqué à des âmes plus dignes que moi, il est vrai, de pareilles missions; mais elles ont été persécutées.

Monsieur le Secrétaire: —Ma sœur, toutes les œuvres de Dieu le sont; l’archiconfrérie du Sacré-Cœur de Marie l’a été aussi. Voilà une belle œuvre qui renferme tout, car elle convertit les pécheurs.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, Notre-Seigneur savait bien qu’elle existait quand il m’a demandé une autre confrérie, et il m’a fait connaître que la première ne suffisait pas; car, pour obtenir le pardon d’une personne qu’on a offensé, il faut lui en faire réparation d’honneur ; et le Seigneur m’a fait entendre que la transgression des trois premiers commandements excitait sa colère contre la France. Ainsi, Monsieur, si le bras séculier et le bras ecclésiastique sont impuissants pour empêcher ces désordres, il faut au moins qu’on en fasse à Dieu réparation.

Monsieur le Secrétaire: —Ah ! ma bonne sœur, voilà la question. Vous dites que Dieu exige cela ; mais nous n’en sommes pas sûrs ; vous pouvez vous tromper.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, cela est possible ; cependant j’ai bien peine à croire qu’une imagination puisse durer cinq ans sans influence de personne; car mes supérieurs, dans leur sagesse, ne m’ont point soutenue dans ces idées ; ils m’ont même défendu d’y penser. Ils n’ont point voulu être juges dans cette affaire. Monsieur le supérieur en a toujours référé au jugement de Monseigneur.

Monsieur le Secrétaire: —Eh bien, ma bonne sœur, soyez parfaitement tranquille; vous avez fait votre devoir en faisant connaître ces communications à Monseigneur. Maintenant je vous dis de sa part: Ne repensez plus à tout cela, désoccupez-en tout à fait votre esprit.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, Monseigneur ne me défend pas sans doute de demander à Dieu l’accomplissement de ses desseins ?

Monsieur le Secrétaire: —Non, mais sans demander l’œuvre.

Sœur Saint-Pierre: —Monsieur, je vous prie d’assurer Monseigneur de mon obéissance à ses ordres. [2]

 

[1] « La demande fut déférée à Monseigneur Morlot, et on lui exprima le but de l’entrevue désirée, c’est-à-dire l’établissement à Tours d’une confrérie affiliée à celle de Langres. Le prélat envoya au Carmel le secrétaire général de l’Archevêché, Monsieur l’abbé Vincent, qui eut avec Marie de Saint-Pierre l’entretien» [désiré par celle-ci].

— Abbé Janvier: “Vie de la Sœur Saint-Pierre”. Larcher - Paris 1884.

[2] La sœur fut fidèle à sa promesse. Quelques jours après, elle écrivait à la Mère Prieure pour l’informer qu’elle était «entièrement détachée, dépouillée du désir de voir l’œuvre réparatrice s’établir dans le diocèse de Tours.»

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