Thursday, 1 January 2026

Thursday's Serial: “Journal Spirituel” by Sœur Marie de Saint-Pierre (in French) - VIII.

 

12

RÈGLE ET TITRE...

    Lettre du 2 février 1844

« Depuis plusieurs semaines, je n’avais rien éprouvé d’extraordinaire pour l’œuvre de réparation; seulement Notre-Seigneur m’occupait toujours intérieurement avec lui à glorifier son divin Père et à réparer les outrages qui lui sont faits, ainsi qu’à demander la sanctification de son Nom. Mais aujourd’hui, jour de la Présentation de Jésus au Temple, mon tour était venu de faire la sainte communion de voeu pour l’accomplissement des desseins du Sacré-Cœur de Jésus, et ce bon Sauveur a eu la bonté, malgré mon indignité, de se communiquer à mon âme.

L’avant-dernière fois qu’Il m’avait parlé, Il était tout en colère contre la France; moi j’étais saisie et je pleurais. Mais aujourd’hui, Il a rempli mon âme de joie en me faisant connaître la satisfaction de son divin Cœur à la vue du zèle et des désirs de ses enfants pour son association naissante. De même que sa sainte Mère a adopté l’archiconfrérie, il adopte celle de la Réparation: elles doivent aller de concert, l’une pour réparer les outrages faits à Dieu, l’autre pour obtenir le pardon, l’une à Jésus, l’autre à Marie. Mais Notre-Seigneur m’a fait entendre que l’association qu’Il voulait établir en France avait deux buts: premièrement la réparation des blasphèmes, secondement la sanctification du Saint Nom de Dieu, pour extirper les blasphèmes et les travaux du saint jour du dimanche, qui sont les principaux péchés qui provoqueraient la colère de Dieu sur la France. Ainsi on joindra aux règles de l’association de Rome que les associés ne travaillent point aux jours défendus par l’Église et ne feront point travailler, mais contribueront de tous leurs efforts à empêcher les travaux dans ces saints jours. Il me semble que Notre-Seigneur désire que cette association soit sous le patronage de saint Martin, saint Louis, saint Michel, ensuite que chaque associé dise tous les jours un Pater, Ave, Gloria Patri et cette louange que Notre-Seigneur me donna sous le titre de la “Flèche d’Or”, avec une invocation aux saints patrons. Mais les dimanches et fêtes, ils feront les prières de la Réparation entières pour réparer les outrages faits à Dieu en ces saints jours et demander miséricorde pour les coupables. Notre-Seigneur m’a fait voir cette association comme une armée de vaillants soldats qui vont s’unir à Lui comme à leur chef pour défendre la gloire de son Père. Il désire que leur nom réponde à la noblesse de leur emploi et, pour cela il m’a fait entendre que l’Association eût pour titre : “Les Défenseurs du Saint Nom de Dieu”. Il m’a fait aussi entendre que chaque associé porterait une croix où il serait bravé d’un côté: “Sit nomen Domini benedictum” et de l’autre : “Vade retro Satana”. Il donnera à cette divine arme une vertu spéciale pour combattre le démon du blasphème par la bouche des pécheurs. A chaque fois qu’on entra blasphémer, on dira ce qui est écrit sur cette croix, ainsi on fera la guerre au démon et on donnera gloire à Dieu.

Il me sembla aussi que Notre-Seigneur m’a fait entendre que le démon fera tous ses efforts pour anéantir cette œuvre sortie de son divin Cœur. Il me semble que je voudrais donner jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour cette sainte association. Notre-Seigneur m’a fait entendre qu’Il ne m’avait rien dit depuis longtemps parce que cela n’était pas nécessaire et qu’Il ne faisait rien d’inutile ; mais qu’il le fallait aujourd’hui et Il m’a fait voir la différence de l’association de France avec celle d’Italie à cause des travaux du dimanche. Oh ! si l’on savait la joie que cause à Jésus cette association naissante, on s’empresserait d’augmenter la joie de son Cœur et de s’enrôler dans cette sainte milice dont Il est le Roi, pour combattre avec sa croix les ennemis du Saint Nom de Dieu et les soumettre à son empire.

Voilà, ma Révérende Mère, les lumières que j’ai reçues sur cette association. Je soumets ces choses, comme je l’ai déjà fait, à votre jugement. Je peux me tromper; mais l’Esprit-Saint qui éclaire les Supérieurs ne les trompera point; c’est pourquoi je parle sans crainte et en toute simplicité.» [1]

 

[1] Lettre du 2 février 1844.

 

 

13

IL FAUT ÉCRIRE À L'ARCHEVÊQUE

    Lettre du 25 février 1844

« ... Notre-Seigneur désire, mais d’un très vif désir, que cette œuvre s’établisse, comme Il me l’a fait connaître, car son divin Cœur ne désire que la miséricorde.

Notre-Seigneur applique toujours mon âme à la réparation et à compatir à la douleur de son divin Cœur à la vue des outrages faits à son divin Père et à son Épouse, la sainte Église, par les blasphèmes et les impies. Il me semble entendre ce divin Jésus du fond du tabernacle, nous adresser ces paroles:

— Oh ! vous qui êtes mes amis et mes fidèles enfants, voyez s’il est une douleur semblable à la mienne ! Mon divin Père et son Épouse, la sainte Église, l’objet des délices de mon Cœur sont méprisés, outragés par mes ennemis. Ne se lèvera-t-il don une personne pour me consoler en défendant la gloire de mon Père et de son Épouse attaquée ? Je ne peux plus rester au milieu de ce peuple ingrat. Voyez les torrents de larmes qui coulent de mes yeux. Ne trouverai-je personne pour les essuyer en faisant réparation d’honneur à la gloire de mon Père et en demandant pardon pour les coupables ?

Voilà, ma Révérende Mère, les sentiments que Dieu met en mon âme et qui lui font éprouver cette peine intérieure que le Cœur de Jésus glorieux ne peut plus ressentir.

Voici encore une autre pensée qui fait grande impression sur mon cœur: si un roi est méprisé par une puissance étrangère, ou seulement son ambassadeur, tout de suite on court aux armes : il faut venger l’honneur du prince. On lève des troues; on compte pour peu de chose la mort d’un grand nombre de soldats. Et voilà que le Nom Saint et terrible du Dieu des armées, du Roi des rois, est blasphémé, méprisé, et son jour profané par une infinité de pécheurs ; et on ne s’en met pas en peine, on n’y pense pas ! Mais voilà Notre-Seigneur Jésus, l’envoyé, le divin Fils du Dieu des batailles, le divin ambassadeur du royaume du ciel, qui demande réparation d’honneur pour son divin Père, ou qui nous déclare la guerre et menace la France de sa colère. Avons-nous à balancer dans notre choix ? Puisque Dieu a inspiré au Souverain Pontife d’engager les fidèles à former des associations pour réparer les blasphèmes, dans le même mois que Notre-Seigneur nous a communiqué cette dévotion, je vous prie, très humblement, ma Révérende Mère, de prier Monseigneur l’Archevêque de vouloir bien s’en occuper.

Veuillez, s’il vous plaît, lui donner connaissance de tout ce qui s’est passé d’extraordinaire dans mon âme depuis la fête de saint Louis, roi de France, au sujet de la Réparation. Notre-Seigneur lui donnera lumière pour connaître sa volonté en cette œuvre. Si vous voulez bien, ma Révérende Mère, examiner avec Monsieur le Supérieur s’il n’est point contre l’humilité que j’écrive à Sa Grandeur comme j’en ai le désir, j’en sollicite très humblement la permission. Alors, j’aurai fait tout ce qui aura été en mon pouvoir pour l’accomplissement de l’œuvre de la Réparation, qui m’a été révélée malgré mon indignité. Mais je n’écrirai à Sa Grandeur que quand je sentirai mon âme sous l’empire de la grâce, car je ne veux pas me servir de mon propre esprit, qui n’est capable de rien. Je servirai seulement de plume à Notre-Seigneur, si je peux m’exprimer ainsi”». [1]

 

[1] Lettre du 25 février 1844.

 

 

14

AUX PIEDS DE JÉSUS POUR LA FRANCE

    Lettre du 27 février 1844

« Permettez-moi e vous dire, en toute simplicité, ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon âme, après la sainte communion. Notre-Seigneur m’avait dit de me présenter à Lui au non de la France et de le recevoir dans le royaume de mon âme en qualité de Roi, Lui offrant ma communion en esprit de réparation pour les crimes dont la France est coupable et surtout son divin Père et son Épouse, la sainte Église. Après avoir reçu ce divin Roi, j’ai été fortement appliquée à Le prier pour notre patrie. Alors Il s’est communiqué à mon âme et Il m’a fait entendre qu’il me chargeait de la France, qu’Il me faisait son ambassadeur pour traiter de paix avec Lui ; qu’il fallait alors que je me tienne à ses pieds au très Saint-Sacrement, en grande humilité, priant pour la France et pour l’établissement de l’Œuvre de la Réparation. Ensuite Il m’a fait entendre de bien peser les obligations de la charge qu’Il m’imposait et que quand un ambassadeur se retire du royaume, que c’est signe de guerre. Notre-Seigneur voulait me faire comprendre de ne pas me retirer volontairement de sa présence au très Saint-Sacrement, où je dois me tenir en esprit au nom de la France. Alors, j’ai dit à peu près ces paroles à Notre-Seigneur: “Mon Dieu, je me suis donnée toutes à vous pour l’accomplissement de vos desseins; opérer en moi selon votre sainte volonté”. Et je me suis prosternée la face contre terre, adorant les desseins de Dieu, qui se sert de tout ce qu’il y a de plus pauvre et de plus misérable en ses œuvres, Le priant de me rendre propre à ses desseins et de les accomplir Lui-même en moi.

Pour cette adoration de Jésus au Saint-Sacrement, voilà plusieurs jours que Jésus m’y applique en sortant du Chœur pour aller vaquer à mes occupations. Je laisse mon cœur et mon esprit aux pieds de notre bon Sauveur et, de tous les endroits de la maison où je me trouve, je tâche de le regarder et de Lui tenir compagnie. Voilà l’exercice intérieur que Notre-Seigneur demande de moi, et Il veut que je sois là, à ses pieds, au nom de la France. Voilà à peu près, ma Révérende Mère, ce qui s’est passé dans mon âme pauvre et pécheresse...» [1]

 

[1] Lettre du 27 février 1844.

No comments:

Post a Comment