23
L'effigie du Prince
Lettre du 29 octobre 1845
« ... Ayant pris pour sujet de mon oraison la trahison de Notre-Seigneur par Judas, je considérai avec douleur quel outrage avait reçu la Sainte-Face de Notre-Seigneur par un baiser si perfide, et il me semblait que Notre-Seigneur m’invitait à baiser l’image de sa Sainte-Face avec beaucoup d’amour, en esprit de réparation. Après avoir fait plusieurs actes, j’ai senti intérieurement que Notre-Seigneur m’attirait à Lui. J’ai obéi à cette touche secrète de la grâce. Alors ce divin Sauveur a bien voulu m’instruire sur l’excellence du « don » qu’Il m’avait fait en me donnant sa Face adorable; et Il a encore eu la bonté de s’accommoder à la faiblesse de mon esprit par une simple comparaison.
— De même — m’a-t-il dit — que dans un royaume on se procure tout ce qu’on désire avec une pièce d’argent marquée à l’effigie du Prince, de même aussi, avec la pièce précieuse de ma sainte Humanité, qui est ma Face adorable, vous obtiendrez dans le royaume du ciel, tout ce que vous voudrez, par l’offrande de cette divine pièce.
Et ces précieuses lumières que je suis obligée d’exprimer par ces paroles que je viens de dire, pour me faire comprendre, m’ont mises tout hors de moi. Je ressentis une opération intérieure qu’il m’est impossible d’exprimer.
Alors, j’ai prié Notre-Seigneur d’avoir la bonté de m’instruire et de me rendre à mon pauvre esprit un peu plus intelligible ce que j’éprouvais, car les puissances de mon âme étaient comme suspendues. Notre-Seigneur permit qu’en cet état, mon esprit se portât vers la portion de terrain que notre Révérende Mère m’avait dit de demander à Notre-Seigneur. Il me sembla que je devais l’acheter par l’offrande de la Sainte-Face et Notre-Seigneur me dit qu’avant un an, on en serait en possession. Il me l’assura en m’ajoutant de ne pas indiquer comment cela se pourrait faire.[1]
Cette faveur m’a remplie de crainte; car je la regarde comme le signe sensible de ce que j’ai reçu dans le don de la Sainte-Face, et je tremble en pensant au compte que Dieu me demandera, si je ne sais pas faire valoir ce divin talent pour sa gloire et les salut des âmes». [2]
[1] Effectivement, quelques mois après, cette affaire qui paraissait désespérée, se renoua. Le propriétaire, que rien auparavant n’avait pu fléchir, vint de lui-même offrir son terrain à des conditions dont nos Supérieurs furent satisfaits, et quelques jours après avoir signé l’acte de vente, il mourut subitement. Cette grâce m’a remplie de crainte, car je la regarde comme le signe sensible de la grâce que j’ai reçue de Notre-Seigneur dans le don de sa Sainte-Face; et je tremble en pensant au compte que j’aurai à rendre à Dieu si je ne fais pas valoir ce divin talent pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
[2] Lettre du 29 octobre 1845.
24
Souviens-toi, ô mon âme!
Lettre du 30 octobre 1845
«Souviens-toi, ô mon âme, de la divine instruction que ton divin Époux t’a donnée aujourd’hui sur la Face adorable !
Souviens-toi que ce divin Chef représente le Père éternel qui n’est point engendré; que la bouche de cette Sainte-Face représente le Verbe divin engendré par le Père; et que les deux yeux de cette Face mystérieuse représentent l’amour réciproque du Père et du Fils — car ces yeux divins n’ont tous deux qu’une même lumière, une même connaissance, et ne produisent qu’un même amour, qui représente le Saint-Esprit. Contemple en sa chevelure la diversité des perfections adorables de la Sainte Trinité. Vois dans cette tête majestueuse la pièce précieuse de l’humanité du Sauveur, l’image de l’unité de Dieu.
C’est donc cette Face adorable et mystérieuse du Sauveur que les blasphémateurs couvrent de nouveaux opprobres et renouvellent en quelque sorte les souffrances de la Passion et attaquant par leurs blasphèmes la divinité dont elle est l’image». [1]
Réparer le portrait défiguré…
Lettre du 3 novembre 1845
«— Selon le soin que vous aurez à préparer mon portrait défiguré par les blasphémateurs, j’aurai soin de réparer la vôtre, qui a été défiguré par le péché. J’y réimprimerai mon image, et je le rendrai aussi beau qu’il était en sortant des fonts du baptême. Abandonnez-vous donc entre mes mains, et soyez disposée à souffrir toutes les opérations nécessaires pour la restauration de cette image. Ne soyez pas troublée si vous éprouvez des tristesses et des ténèbres, car vous savez que, dans une image, les couleurs sombres servent à faire ressortir celles qui sont plus vives. Il y a des hommes qui ont l’art de restaurer les corps; mais il n’y a que moi qu’on puisse appeler le restaurateur des âmes, et qui les rétablisse à l’image de Dieu. Je vous ai fait connaître cette œuvre de réparation, je vous en ai montré l’excellence, et maintenant je vous promets la récompense. Oh ! si vous pouviez voir la beauté de ma Face! Vos yeux sont encore trop faibles! [2]
[1] Lettre du 30 octobre 1845.
[2] Lettre du 3 novembre 1845.
25
Réimprimer dans les âmes l'image de Dieu
Lettre du 6 novembre 1845
« Notre-Seigneur continue toujours à m’instruire au sujet de sa Sainte-Face par rapport à l’Œuvre de la Réparation des blasphèmes. Ce divin Sauveur m’a fait entendre qu’il avait résolu de faire connaître la vertu de sa Face adorable pour réimprimer dans les âmes l’image de Dieu, qui était effacée dans un grand nombre par le péché. Ensuite, Il m’a montré dans l’apôtre saint Pierre un exemple de la vertu de sa Sainte-Face. Il la tourna vers cet apôtre infidèle et il devint pénitent. Jésus regarde Pierre, et Pierre pleure amèrement. dans la lumière de Dieu, je vois que cette face adorable est comme le cachet de la divinité, qui a la vertu de réimprimer dans les âmes qui s’appliquent à elle, l’image de Dieu. C’est cette vue qui me porta a saluer cette très Sainte-Face par ces paroles:
Je vous salue, je vous adore et je vous aime, ô Face adorable de Jésus, mon bien-aimé; noble cachet de la divinité, je m’applique à vous de toutes les forces et puissances de mon âme et vous prie très humblement de réimprimer en nous l’image de Dieu.
Ma Révérende Mère, si ces lumières viennent de Dieu, cette œuvre est vraiment l’Œuvre de la Réparation; car l’homme est invité à réparer les outrages faits à Dieu, et par retour d’amour, Dieu nous promet de réparer son image dans nos âmes en y appliquant la vertu de sa Face adorable. Quel mystère d’amour!... Essuyons donc cette divine Face du Sauveur, salie par les crachats des blasphémateur, et ce divin Maître essuiera la nôtre salie par les crachats du péché.
Voilà, ma Révérende Mère, les sentiments et les lumières que Notre-Seigneur me donne. Il me semble qu’Il a de grands desseins de miséricorde sur les âmes en nous découvrant la vertu de sa Sainte-Face adorable.
Nous avons, en ce précieux « don », un moyen infaillible pour apaiser la colère du Père céleste, irrité contre les blasphémateurs. Nous le prierons de jeter un regard sur la Face de son divin Fils et la foudre Lui tombera des mains. “O Dieu ! notre protecteur, regardez-nous et jetez un regard sur la Face de votre Christ”. [1]
[1] Lettre du 6 novembre 1845.
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