Thursday, 8 January 2026

Thursday's Serial: “Journal Spirituel” by Sœur Marie de Saint-Pierre (in French) - IX.

 

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L'ABOMINATION DU BLASPHÈME

    Lettre du 16 mars 1844

«Depuis la dernière lettre que nous vous avons remise, il me semble que Notre-Seigneur m’a recueillie en Lui deux fois et a opéré en moi de manière extraordinaire. Je vais vous dire à peu près; ne vous attachez pas à la lettre, mais bien au fond, à l’esprit des choses.

Il me semble que pendant la sainte Messe, Notre-Seigneur m’ayant recueillie en Lui, m’a fait voir l’horreur du péché du blasphème. Il me semble qu’Il me disait :

– Vous ne pouvez comprendre la malice, l’abomination de ce péché. Si ma miséricorde ne retenait ma justice, elle écraserait le coupable, et les créatures même inanimées s’en vengeraient; mais j’ai l’éternité pour l’en punir.

Ensuite Il m’a fait comprendre l’excellence de l’Œuvre de la Réparation, combien elle surpassait les autres dévotions, et qu’elle était agréable à Dieu, aux Anges, aux Saints et à l’Église; mais qu’il ne fallait pas me mettre en peine si, en m’y appliquant, je n’y trouvais pas une dévotion sensible, me faisant entendre que le démon m’en donnerait du dégoût. Ensuite il me semblait que ce divin Sauveur me disait :

Oh ! si vous saviez quel degré de gloire vous acquérez en disant seulement une fois : Mirabile Nomen Dei Quod est, [1] etc. ... en esprit de réparation des blasphèmes. »

«Le seconde communication que je crois avoir reçue de Notre-Seigneur le fut à l’oraison du soir. Je sentais en mon âme bien des misères et des imperfections. Je me suis approchée de Notre-Seigneur avec confiance, Lui découvrant ma pauvreté. Alors Il a recueilli mon âme et Il m’a fait entendre qu’on bon riche était ravi de faire la rencontre d’un pauvre bien nécessiteux et qu’il le soulageait avec une grande joie; que sa bonté, sa charité étaient bien grandes pour soulager nos misères quand on s’approchait de Lui avec confiance. Il m’a fait voir qu’effectivement j’étais bien pauvre, bien misérable, et que je ne profitais point de ses grâces; mais enfin, qu’Il voulait bien, dans sa miséricorde, m’en accorder le pardon. Alors je Lui demandai ce pardon de mes péchés, qu’Il m’accorda en me disant ensuite :

— Un ouvrier nettoie l’instrument dont Il veut se servir.

Il m’a fait voir comme une Carmélite devait être dépouillée du vieil homme, détachée de tout, comme elle devait aimer les souffrances et les humiliations et être remplie de zèle pour la gloire de Dieu et de l’Église, et d charité pour le salut des âmes.

Ce divin Sauveur m’a dit que je ne pouvais de moi-même acquérir ces vertus, mais de Celui qui me pardonnait pouvait bien les mettre dans mon âme si je l’en priais. Ensuite il me semble que Notre-Seigneur ma disait :

— Consentez-vous à marcher dans mes voies?

J’ai répondu:

— “Oui Seigneur”.

Alors il m’a dit:

— Fermez les yeux, jetez-vous dans mon cœur ; je vous donne pour parure la croix et les épines de ce Cœur ; ne vous le dissimulez pas: vous êtes appelée à une grande perfection ; pensez à Moi et je penserai à vous ; occupez-vous de mes affaires et je m’occuperai des vôtres ; et regardez ce jour comme un des plus beaux de votre vie.

Alors j’ai renouvelai mes voeux et j’ai pris la résolution de commencer une vie nouvelle.» [2]

 

[1] “Le Nom admirable de Dieu qui est au-dessus de Tout Nom, venez, Adorons-le!”

[2] Lettre du 16 mars 1844.

 

 

16

MISÉRICORDE POUR LA FRANCE

    Lettre du 9 mai 1844

«Vous savez que Notre-Seigneur, il y a quelque temps, me dit qu’Il me chargeait de prier pour la France. Il m’a encore de nouveau donné cet ordre, me disant de garder ses brebis de France dont Il était le Pasteur, et qu’Il me choisissait en ce jour pour être sa petite bergère; qu’Il me donnait les mystères de sa très sainte vie pour domaine et qu’Il me fallait puiser dans ses divines plaies pour ses brebis; enfin, qu’Il se donnait à moi comme une mine d’or pour payer à son divin Père les dettes de la France, qui est redevable à sa justice, me donnant pour cela la permission de prendre les grands trésors de son Cœur. Ensuite, Notre-Seigneur m’a fait entendre que je me donnasse bien garde de faire comme le serviteur paresseux de l’Évangile qui ne fit point valoir le talent qu’il avait reçu, et qu’Il m’en demanderait compte: qu’il m’était bien facile de prendre dans cette mine d’or qu’Il avait creusée par ses travaux et par ses souffrances. Voilà l’essence de ce que je crois que Notre-Seigneur m’a fait entendre, ma Révérende Mère; je cris que Notre-Seigneur désire beaucoup trouver quelqu’un qui l’oblige, par la prière, de faire miséricorde à la France.» [1]

 

[1] Lettre du 9 mai 1844.

 

 

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COMMUNION DES SAINTS...

    Lettre du 4 juin 1844

A Monsieur DUPONT

(pour la première communion de sa fille)

« J’accepte avec grand plaisir la proposition d’adresser tous les jours, au très saint Enfant-Jésus, la touchante prière que vous nous avez envoyée pour votre chère fille, afin que le divin Enfant prépare ce jeune cœur à le recevoir avec les dispositions les plus parfaites. Je suis bien indigne de ce message auprès de l’Enfant-Dieu; mais je prierai Marie et Joseph de présenter ma prière, et d’offrir cette bien chère enfant au saint Enfant-Jésus, afin que le jour de sa première communion soit comme le jour de ses fiançailles avec lui. Monsieur, permettez-moi de vous faire aussi une demande au nom de l’Enfant-Jésus, c’est de vouloir bien lui offrir trois bougies, que je ferai brûler en l’honneur de la Sainte Famille, afin d’obtenir l’accomplissement de vos désirs. Ce divin Enfant aime beaucoup les illuminations; il accorda, pour une si simple et si innocente pratique, une très grande grâce à la sœur Marguerite du Saint-Sacrement. Notre bonne et Révérende Mère nous a déjà donné plusieurs fois le moyen de faire cette petite dévotion, mais dans ce moment je suis très pauvre.» [1]

 

[1] Lettre à Monsieur Dupont, le saint Homme de Tours.

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